«Si vous me demandez quelle est notre échéance pour sortir un premier ordinateur quantique, je ne sais pas.» Simone Severini, le patron de la recherche quantique chez Amazon Web Services (AWS), ne cache pas la difficulté de sa mission. Il n’a validé «qu’une étape, sur beaucoup d’autres à venir». Celle-ci est d’importance : la puce Ocelot, dévoilée fin février, est la première de l’entreprise.
Comme Microsoft, AWS compte parmi les tardifs, alors qu’IBM, Google et une poignée de start-up commercialisent déjà des systèmes, encore imparfaits.
«Combien de temps ça va nous prendre ? Je ne sais pas !»
Si son approche n’est pas aussi exotique que celle de son concurrent, elle reste originale : la puce de 9 qubits combine des qubits de chat – théorisés et mis en pratique par le français Alice & Bob – à des supraconducteurs plus conventionnels pour offrir une meilleure résistance aux erreurs.
«Il ne faut pas juste beaucoup de qubits, il en faut des bons, pointe le physicien. Car il faudra qu’ils réalisent des milliers et des milliers de calculs pour être utiles.» C’est là que le prototype d’AWS doit briller. «Nous avons créé un système qui permet de gérer les erreurs et de passer à l’échelle», assure-t-il, l’estimant «dix fois moins complexe que d’autres approches», notamment à manufacturer.
Mais ça reste un prototype. «Ne vous attendez pas à ce qu’il résolve des problèmes industriels. Nous voulons l’industrialiser, mais combien de temps ça va nous prendre ? Je ne sais pas !» L’important, c’est d’être dans la course. #





