C’est un nouveau jalon dans la progression d’Alice&Bob. La deeptech française, qui développe des unités de calcul quantique (QPU) fondées sur des qubits de chat, a annoncé le 8 mai la construction, à Paris, d’un nouveau laboratoire de 4000 m2 pour y fabriquer les prototypes de ses prochains QPU, en vue de leur commercialisation. L’investissement, d’un montant de 45 millions d’euros, a été financé grâce aux 100 millions d’euros levés en janvier dernier. La date de mise en service est prévue début 2026.
Alice&Bob disposera ainsi de ses propres machines pour fabriquer ses QPU, ce qui est un gain de temps et un gage de qualité supplémentaire. Actuellement, la deeptech utilise une salle blanche du Centre de nanosciences et de nanotechnologies (C2N), dont les équipements sont mutualisés.
Des équipements fournis par Bluefors et Quantum Machines
La deeptech commençait aussi à se sentir à l’étroit dans son laboratoire implanté dans le 15e arrondissement de Paris, du côté de Balard, à quelques foulées de son siège social. Du fait de sa superficie, cette deuxième implantation pourra accueillir 20 cryostats du finlandais Bluefors, qui refroidissent les QPU, et les systèmes de contrôle électronique attenants, fournis par la start-up israélienne Quantum Machines – qui a empoché un peu plus de 150 millions d’euros en février dernier. Deux partenaires avec lesquels la deeptech française a l’habitude de travailler.
Alice&Bob se donne donc les moyens techniques de réaliser sa feuille de route, dévoilée en décembre. C’est dans ce laboratoire que naîtront les futures puces quantiques Lithium, Beryllium et surtout Graphene. Cette dernière, prévue pour 2030, devrait être dotée de 100 qubits logiques, plus résistants aux erreurs que les 2000 qubits physiques qui la composeront grâce à des codes de correction d’erreur. De quoi répondre à de premières applications industrielles, selon la deeptech.
Pour rappel, Alice&Bob mise sur des qubits de chat, un type de qubit supraconducteur nativement protégé contre le « bit flip » (ou renversement de bit), l’une des deux erreurs – avec le « phase flip » (ou renversement de phase) - affectant les qubits physiques. Un atout qui explique pourquoi, dans ce cas, quelques dizaines de qubits physiques suffisent à constituer un qubit logique, alors qu’il en faut des milliers dans les architectures concurrentes de Google ou encore IBM.





