On peut lire de deux façons les résultats du commerce extérieur français. La première donne lieu à l’optimisme : entre 2022 et 2023, le déficit commercial s’est réduit de 63 milliards d’euros pour repasser juste sous la barre des 100 milliards d'euros de déficit (à 99,6 milliards) l’an dernier, selon les chiffres publiés par les Douanes. Une amélioration «inédite par son ampleur», selon les Douanes, qui doit beaucoup à la baisse des prix des hydrocarbures et à la reprise des exportations d’électricité. Mais pas seulement. En un an, le déficit commercial de l’industrie a, lui aussi, reculé de 22 milliards d’euros sur un an, pour atteindre 54,8 milliards d’euros. Les exportations françaises en biens manufacturés ont progressé de 3,5%, alors que les importations ont reculé de 0,8%.
Mais il y a aussi le verre à moitié vide : malgré son amélioration, le déficit en biens manufacturés reste encore bien lourd comparé aux 35,5 milliards d’euros de déficit de 2019. Et le commerce extérieur ne peut compter que sur un petit nombre de secteurs encore puissants à l’export : la moitié de l’amélioration du solde commercial s’explique par la progression du solde commercial du secteur de la chimie, parfums et cosmétiques (+7,7 milliards d’euros sur un an) et du textile-habillement-cuir (+5,4 milliards d'euros par rapport à 2022).
Excédent historique pour les parfums et les sacs
La performance doit beaucoup au secteur du luxe, dont les ventes s’envolent. Les parfums et cosmétiques ont enregistré un excédent record de 16,4 milliards d’euros l’an dernier, alors que les exportations de parfums ont doublé par rapport à 2019. Les ventes de sac en cuir ont de leur côté progressé de 70% depuis 2019, tirées par les marchés asiatiques. Avec pour résultat un excédent, là aussi inédit, de 4,6 milliards d’euros pour le secteur.
Moteur traditionnel du commerce extérieur, l’aéronautique a, lui aussi, fortement redressé la barre. Le secteur reste de loin le premier excédent commercial français, avec 30,8 milliards d’euros d’excédent en 2023 soit une amélioration de 5,8 milliards d’euros en un an. Au final, l'excédent est revenu à son niveau historique de 2019. Mais l'industrie aéronautique reste encore en phase de rattrapage, après le choc de la pandémie qui a vu le trafic aérien mondial s’effondrer, tout comme les livraisons d’avions.

- 144+0.28
Septembre 2025
Indice mensuel du coût horaire du travail révisé - Salaires et charges - Tous salariés - Industrie manufacturière (NAF rév. 2 section C)base 100 en décembre 2008
- 0.3-40
Trim 3 2025
Salaire ouvriers - Ensemble DE à RU% sur dernier mois du trimestre précédent
- 8.2245=
11 Février 2026
Yuan chinois (CNY) - quotidien¥ CNY/€
«Malgré leur dynamisme en 2023, le niveau des exportations aéronautiques reste 13% inférieur à celui de 2019», pointent les Douanes, alors que le redémarrage des chaînes de production d’avions a pris du temps. Parmi les autres forces de l’industrie française, la chimie sort aussi son épingle du jeu, en excédent de 3,3 milliards d’euros après une année 2022 compliquée par la crise énergétique, tout comme les boissons, dont l’excédent se tasse à 15,4 milliards d’euros.
L'essor des véhicules électriques pèse sur la balance commerciale de l'automobile
Mais en dehors de l'aéronautique, la marge de progression de la balance commerciale semble limitée. La timide réindustrialisation cache encore mal la dégradation des performances de secteurs lourds pour l'économie française. Dans le camp des mauvais élèves, la pharmacie a vu son excédent traditionnel fonde comme neige au soleil, en recul de 2,6 milliards d’euros en un an (+ 400 millions au total). Une évolution qui reflète l'affaiblissement structurel du secteur, avec des exportations peu dynamiques et un bond des importations, en particulier depuis la Corée du Sud, par des achats de traitements novateurs contre la maladie d’Alzheimer, selon les Douanes.
Autre signal d’alerte : la dégradation continue des performances de l’industrie automobile. Le déficit commercial du secteur s’enfonce encore de 3,4 milliards d’euros pour tomber à 23,9 milliards d’euros, un niveau inédit. Depuis 2019, cela marque ainsi une dégradation de 50% du déficit commercial automobile. Une situation qui s’explique quasi exclusivement par la forte croissance des importations de véhicules électriques. En 2023, deux tiers de la hausse de 11,5% des importations ont concerné des voitures électriques, en provenance d’Allemagne et de Chine.
En pleine mobilisation des agriculteurs contre l’accord avec le Mercosur, l’excédent de l’agriculture a, lui aussi, fortement marqué le pas, avec la chute des prix des céréales. Il est retombé à 1,2 milliard d’euros, alors que le solde commercial, hors vin et spiritueux, de l’industrie agroalimentaire est dans le rouge. Autant de points faibles sur lesquels la France va devoir renforcer sa compétitivité rapidement si elle veut réduire encore d’une marche le déficit commercial en 2024.





