L’année se termine aussi bien qu’elle a démarré pour la start-up Quandela. Après avoir mis en ligne son premier calculateur quantique sur le cloud puis signé sa première commande auprès d’OVH Cloud en janvier, la deeptech a inauguré son usine à l’été, honoré sa commande dans les délais et bouclé une levée de fonds de 50 millions d’euros le 7 novembre. Une semaine plus tard, elle annonce un partenariat pour fournir des calculateurs quantiques à Exaion, la filiale calcul haute-performance d’EDF. Un premier pas en Amérique : deux des trois centres de calcul de l’entreprise sont situés au Canada. Le troisième est en Normandie.
«C'est un partenariat stratégique important, dans lequel Quandela reste garant de la qualité des processeurs quantiques, précise Valérian Giesz, cofondateur et PDG de la start-up francilienne. Nous allons bénéficier de leur implantation et de leur réseau au Québec pour entrer dans l’écosystème quantique du pays.» L’occasion de proposer outre-Atlantique une alternative au géant IBM, sur un continent où «les industriels sont beaucoup plus enclins à lancer des expérimentations sur le quantique qu’en France», observe-t-il.
Une levée de fonds 100% européenne
Le début d’une internationalisation poussée par plusieurs nécessités. La recherche de talents, déjà, dans un secteur où les profils sont rarissimes. «Et la recherche de business, pose le physicien. 50% du marché SaaS est en Amérique du nord, il n’y a pas de raison que les start-up françaises n’y aillent pas.» Son compatriote Alice & Bob a annoncé fin octobre la création d’une branche à Boston. Quandela pourrait aussi passer le cap, mais n’a pas encore déterminé où installer son antenne locale.
La deeptech place aussi ses billes en Corée du sud, où l'Institut supérieur coréen des sciences et technologies (KAIST) organise un hackathon utilisant la plateforme photonique de Quandela – via le cloud – pour développer des applications d’informatique quantique.
Doubler la production
La levée de fonds a été réalisée auprès de Quantonation, Omnes, Serena – investisseurs historiques – ainsi que le Crédit Mutuel Innovation et le Conseil européen pour l’innovation (EIC), seul fonds non français du tour. Il permettra à Quandela de doubler les capacités de production de son usine de Massy (Essonne), inaugurée cet été.
La start-up devrait ainsi être en mesure de fabriquer quatre calculateurs par an à partir de 2024. «L’année prochaine, trois iront à Exaion et le quatrième, s’il n’est pas vendu, sera mis en ligne sur notre cloud, complète Valérian Giesz. Nous allons démontrer notre capacité à industrialiser notre technologie.» La livraison, dans les temps, d’une première machine à OVH Cloud est un bon début.





