Etude

[Étude] Après le confinement, les salariés ne veulent pas retrouver le travail d'avant

On commence à mieux savoir ce qu'attendent les salariés concernant leurs conditions de travail quand la pandémie ne sera plus qu'un mauvais souvenir. Même s'il a pu être source de difficultés, le télétravail reste un horizon enviable, pour peu que les entreprises l'accompagnent pour éviter les journées à rallonge. Les décideurs ne partagent pas complètement cette analyse.

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Les salariés à 100% en télétravail aimeraient avoir 3,3 jours de travail à distance. Les décideurs prévoient d'en accorder 2,3.

Quelles que soient les consignes gouvernementales, le retour à la normale dans les entreprises risque d'être moins simple que prévu, selon les résultats d'une étude réalisée par Harris Interactive pour Epoka (1). Seulement 49% des salariés non managers voient comme une bonne nouvelle le retour prochain au travail comme avant. La proportion monte à 53% pour les salariés qui ont travaillé à temps plein à leur domicile durant la pandémie et à 57% pour ceux qui ont pratiqué un mix de télétravail et de présentiel. Les plus enthousiastes sont les managers, qui sont 66 % dans cet état d'esprit.

Résoudre un problème, pas simple à distance 

Si l'expérience du télétravail a été globalement bien vécu, malgré tout ce que l'on a pu lire sur les réelles souffrances de certaines catégories de salariés, c'est notamment parce que cette séquence est venue remplir une demande préexistante pour davantage d'autonomie, explique Delphine Martelli-Banégas, la directrice du département corporate d'Harris Interactive. La preuve, 63% des télétravailleurs considèrent que l'autonomie est mieux prise en compte en télétravail, devant l'organisation du travail et les relations personnelles (respectivement 58% et 55% des réponses).

Lucides, les salariés ne parent pas le télétravail de toutes les vertus. Pour 70% des personnes interrogées, mieux vaut être sur site pour résoudre un problème. Ils sont 67% à préférer le présentiel pour animer une réunion et 58% pour séparer la vie personnelle et la vie professionnelle. Cette dernière réponse est citée par 61% des décideurs et arrive en tête, devant la fragilisation physique et mentale (39%), les difficultés de communication et les pertes de motivation (30 et 29%).

Des relations avec les collègues préservées

L'étude révèle que, globalement, les salariés sont plutôt satisfaits du travail à domicile, même s'il s'accompagne parfois d'une charge de travail supplémentaire. Par exemple, 82% des télétravailleurs se disent satisfaits de l'accompagnement qu'ils ont eu de leur entreprise pendant la pandémie, contre 75% pour ceux qui sont restés sur site. Idem pour l'accompagnement de son manager, jugé satisfaisant par 84% des télétravailleurs. 

Le télétravail ne semble pas avoir créé un trop grand isolement des salariés vis-à-vis de leurs pairs : 85% sont satisfaits des relations avec les membres de leur équipe et 80% de celles avec les salariés de leur entreprise. Les trois quarts le sont des services supports... à l'exception des ressources humaines, qui obtiennent le plus faible taux d'approbation, à 67%, un niveau de qui reste très honorable. 

Risque de désillusion

Rien d'étonnant, donc, au fait que les salariés qui sont à temps complet à leur domicile souhaitent à l'avenir avoir 3,3 jours par semaine de télétravail, alors que ceux qui alternent télétravail et présence sur dans les locaux de l'entreprise se contenteraient de 2,4 jours, comme actuellement. Les décideurs, eux, voudraient 2,3 jours de télétravail pour les salariés. 

Ce n'est pas le seul point sur lequel apparaît un écart entre salariés et décideurs. L'étude Epoka Harris Interactive s'est aussi intéressée aux axes prioritaires pour la communication interne. Les salariés souhaitent qu'elle vise à maintenir le lien social dans l'entreprise (40%), qu'elle aide à l'organisation du travail au quotidien (37%) et maintienne la motivation (36%). Rien d'étonnant, donc, si la priorité est l'organisation du travail (congés, accord de télétravail...) pour 32% d'entre eux, devant les leviers de reconnaissance (26%) et la stratégie de l'entreprise (25%). Ce dernier sujet recueille 50% des réponses des décideurs. 

Une autre source de discorde entre les demandes des uns et des autres réside dans les attentes prioritaires qu'ils expriment. Les décideurs placent en tête la formation des managers sur les bonnes pratiques (77%), suivie par une plus grande communication sur le droit à la déconnexion (63%). Si 42% des salariés partagent cet objectif, ils le placent ex-aequo avec la mise en œuvre de moyens technologiques pour éviter de trop longues durées de connexion. Les décideurs sont 31% à vouloir davantage d'informations sur les hotlines pour contacter des soutiens psychologiques. La communication sur les bonnes pratiques en matière de travail à distance suivent avec seulement 31% de réponses.  

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(1) "Le travail aujourd'hui et demain : quelles leçons tirer des nouvelles formes de travail depuis le début de la crise sanitaire", enquête réalisée en ligne auprès d'un échantillon de 1600 salariés d'entreprises de plus de 10 salariés, dont 700 salariés en situation de télétravail et d'un échantillon de 220 décideurs d'entreprise. 

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