Cap vers l’industrialisation. Mardi 28 septembre, Automotive Cells Company (ACC) va inaugurer son site le plus avancé : un centre de recherche et développement situé à Bruges en Gironde. C’est une bonne nouvelle de plus pour la coentreprise de Stellantis et TotalEnergies qui vient d’être rejointe par Mercedes-Benz. Dans ces locaux, les partenaires fabriqueront les premiers prototypes pour poser les bases de leurs futures batteries automobiles.
Près de 300 personnes travaillent déjà dans le centre d’innovation. Avec des équipements venant essentiellement d’Asie, les équipes produisent des prototypes de cellules et de modules. « Ce sont les premiers exemplaires des produits que nous devons livrer à nos clients pour leur permettre de vérifier que le cahier des charges est bon et que les spécifications techniques sont respectées », introduit Matthieu Hubert, secrétaire général d’ACC, à L’Usine Nouvelle.
Cap vers la production de masse
ACC a investi environ 30 millions d’euros dans cet outil technologique. « Le coeur du centre est la salle sèche, une pièce avec des conditions d’hygrométrie spécifiques. Il faut rentrer avec des combinaisons, décrit le secrétaire général. Il y a aussi des laboratoires, des zones de test et une sorte de tour de contrôle qui permet de mesurer en temps réel l’efficacité de ce qui est produit. »
Dans ce centre de R&D, la priorité est claire : frayer un chemin vers la production en masse de batteries. « C’est ce qui nous donnera une crédibilité, insiste Matthieu Hubert. Les clients potentiels qui nous contactent, et ils sont nombreux, ne nous demandent pas de les faire rêver sur la technologie de 2028. »
Le secrétaire général rappelle le planning serré d’ACC : la coentreprise doit débuter la construction de sa gigafactory à Douvrin (Pas-de-Calais) en 2022, pour un démarrage prévu en 2023. Tandis que le site de Bruges réalise les prototypes de produits, une mini-usine pilote à Nersac (Charente) doit ouvrir fin 2021 ou début 2022 pour mettre au point les procédés de fabrication qui seront déployés à grande échelle à Douvrin et à Kaiserslautern en Allemagne.
Des renforts de Saft
La coentreprise reste discrète sur les caractéristiques de ses batteries. « Ce sont des données très confidentielles », justifie Matthieu Hubert. ACC précise toutefois qu’il développe des cellules à chimie NMC (nickel, manganèse et cobalt). « Cette chimie s’adresse plutôt à des véhicules moyen de gamme et haut de gamme », précise le secrétaire général.
Saft, co-actionnaire d’ACC, a transféré certains de ses salariés vers le nouveau site de Bruges. La filiale de TotalEnergies dispose elle-même d’un centre de recherche sur les batteries à Bordeaux (Gironde). Des compétences qui vont permettre à ACC de travailler sur certaines technologies de rupture, comme les batteries tout-solide. « Nous avons un oeil sur tout ce qui peut nous donner des avantages concurrentiels », conclut Matthieu Hubert.





