Il était attendu de pied ferme. Le 21 janvier, après plusieurs reports, Emmanuel Macron a présenté une stratégie nationale ambitieuse en faveur des technologies quantiques, saluée par l’ensemble du secteur.
Une enveloppe de 1,8 milliard d’euros sur cinq ans, dont le financement se divise entre l’État et ses organismes de recherche pour 1,05 milliard, l’Europe (200 millions) et le secteur privé, qui s’est engagé à hauteur de 550 millions d’euros. « Nous allons passer de 60 à 200 millions d’euros de dépenses publiques par an dans le domaine », détaille l’Élysée.
Tous les pans de la discipline sont concernés, des ordinateurs aux communications, en passant par la cryptographie post-quantique et les technologies habilitantes, comme les lasers et la cryogénie. Le plan s’avère même supérieur aux recommandations du rapport quantique, remis en janvier 2020 par la députée (LREM) Paula Forteza, qui demandait que les investissements – publics et privés confondus – s’élèvent à 1,4 milliard d’euros en cinq ans pour assurer à la France « une place internationale dans le domaine ». C’est désormais chose faite.
« L’investissement français est comparable à ceux de l’Allemagne et d’autres grands pays, salue Christophe Jurczak, le cofondateur du fonds dédié Quantonation. C’est ce qu’il fallait pour être pertinent et légitime sur la scène internationale. » Et pour cause : le plan français dépasse en valeur les investissements engagés par le Royaume-Uni, le Canada et la Suisse.
Mais reste inférieur au programme d’innovation de 2 milliards d’euros annoncé par Angela Merkel pour la période 2020–2021. Et largement derrière les deux géants du domaine. Les États-Unis ont engagé en 2018 un financement fédéral quinquennal de 1,2 milliard de dollars, compensé par l’ampleur des investissements privés, notamment engagés par Google, Amazon et IBM. La Chine, discrète sur ses programmes d’investissement, a, elle, annoncé la construction d’un laboratoire quantique national... pour 10 milliards de dollars. Incomparable.





