Un ordinateur quantique, signé du finlandais IQM, a été intégré avec succès à un supercalculateur du centre de calcul haute performance de Leibniz (Leibniz supercomputing centre, ou LRZ), situé près de Munich. Les deux partenaires l'ont annoncé par communiqué le 18 juin. « A notre connaissance, c'est la première hybridation (de ce genre) », fait remarquer le professeur Dieter Kranzlmüller, président du conseil d'administration du LRZ.
La machine quantique est équipée précisément de 20 qubits de type supraconducteur (à l’image de ce que font IBM ou encore Google). Le supercalculateur auquel elle est raccordée, SuperMuc-NG, offre quant à lui une puissance-crête de 26,9 pétaflops.
« Les deux systèmes échangent déjà des commandes à titre expérimental, ce qui prouve que les deux technologies peuvent fonctionner ensemble et que leur lien peut même être plus étroit », affirment IQM et LRZ dans leur communiqué. Des chercheurs, après sélection, y auront bientôt accès pour expérimenter les possibilités d’accélération d’une unité de calcul quantique (ou QPU) dans les simulations numériques les plus exigeantes.
Au tour de Jülich en juillet
C’est le fruit du projet Q-Exa, initié en 2021 et soutenu à hauteur de 40,1 millions d’euros par le ministère de l’éducation et de la recherche en Allemagne. Bien que l’objectif soit comparable, il n’y a pas de lien avec le programme européen HPQCS, grâce auquel une machine Pasqal de 100 qubits a été livrée fin mai au Très grand centre de calcul du CEA, dans l’Essonne.
L’annonce conjointe d’IQM et de LRZ confirme que l’hybridation quantique/classique s’accélère. IQM lui-même continue sur sa lancée : une machine Spark de sa conception, dotée de 5 qubits, sera intégrée à l’infrastructure Juniq du centre de Jülich, toujours en Allemagne, en vue d’être raccordée à un supercalculateur. Par ailleurs, le finlandais propose déjà un service cloud pour le quantique, appelé IQM Resonance. Des machines quantiques commerciales à 54 qubits seront à disposition des entreprises dès cet automne.





