Vers l’hybridation quantique-classique : une machine Pasqal à 100 qubits s'unit au supercalculateur Joliot-Curie

Attendue depuis des mois, une machine quantique de Pasqal, armée de 100 qubits, est enfin arrivée, fin mai, au Très grand centre de calcul (TGCC) du CEA, en région parisienne. Elle sera raccordée au supercalculateur Joliot-Curie, offrant la possibilité aux chercheurs de tester « pour de vrai » leurs algorithmes entrelaçant calcul intensif et calcul quantique en vue d'accélérer des premiers cas d'usage industriels.

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ordinateur quantique Pasqal
Une machine Fresnel de Pasqal. Celle qui a été livrée au Tgcc compte 100 qubits à atomes froids.

En cette période propice aux mariages, le calcul intensif classique et le calcul quantique s’apprêtent à célébrer leurs premières noces sur le sol français. Equipée de 100 qubits à atomes froids, une machine quantique Fresnel de la deeptech française Pasqal a été livrée le jeudi 30 mai dernier au Très grand centre de calcul (TGCC) du CEA, à Bruyères-le-Châtel (Essonne).

Elle sera greffée prochainement au supercalculateur pétaflopique Joliot-Curie – et plus tard à Jules Verne, le nom de code du futur supercalculateur exaflopique, quand celui-ci verra le jour. La date de la mise en service n’est pas encore connue.

Cette architecture hybride servira à expérimenter le pouvoir accélérateur d’une telle unité de calcul quantique, ou QPU : celle-ci, bien qu’imparfaite (ce sont des qubits physiques, sujets aux erreurs, et non logiques), pourrait déjà prouver sa valeur dans les simulations numériques les plus intensives, à la manière de ce qu’apporte aujourd’hui un processeur graphique pour l’IA et la 3D.

Jusqu’à présent, les chercheurs français et européens exploraient les cas d’usage et testaient leurs algorithmes hybrides à l’aide d’émulateurs. Ils pourront bientôt mener leurs projets avec des qubits en bonne et due forme.

La machine de Pasqal avait été acquise au printemps 2022 par le Genci, la très grande infrastructure de recherche chargé d’acheter et de déployer les supercalculateurs en France, dans le cadre du programme HQI (hybrid quantum initiative). Son arrivée au TGCC était initialement prévue fin 2023, mais elle a pris du retard visiblement.

Pasqal se lie aussi à IBM

L’hybridation du calcul intensif et du calcul quantique est une ambition qui se mesure à l’échelle européenne, sous la houlette du programme HPCQS (high performance computer quantum simulator), débuté en 2021 pour une durée de quatre ans. Ainsi, un autre calculateur quantique de Pasqal sera raccordé au supercalculateur Jureca, situé au centre de Jülich, en Allemagne.

Outre la France et l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, la Pologne et la Tchéquie accueilleront chacun une machine quantique pour l’adosser à un supercalculateur. Les technologies de qubit seront diversifiées, ce qui offre la possibilité de toutes les éprouver. Un ordinateur à qubits photoniques de la deeptech française Quandela est par exemple attendu au TGCC.

Dans le même registre, IBM et Pasqal ont annoncé le 6 juin dernier leur collaboration, avec l’intention de développer « une approche commune de supercalculateur quantique et (de) promouvoir la recherche d’applications dans les domaines de la chimie et de la science des matériaux », d'après le communiqué officiel.

En pratique, les deux entreprises vont définir ensemble l’architecture logicielle intégrant leurs différentes technologies de qubits et des clusters de calcul intensif. Elles vont parrainer un forum technique régional sur le calcul intensif en Allemagne, d’autres zones géographiques pouvant être concernées par la suite.

Les équipes de Pasqal ne vont pas chômer, décidément, après l’annonce en mai dernier de l’achat par Aramco, la compagnie pétrolière saoudienne, d’une machine à 200 qubits. La livraison est programmée en 2025.

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