Tesla ou autre, pour Ségolène Royal l'avenir de Fessenheim est dans la batterie

Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, confirme que la reconversion du bassin d’emploi de la centrale nucléaire de Fessenheim pourrait prendre la route de la voiture électrique. Un axe développé en partenariat avec les voisins allemands.

Centrale Fessenheim L'Usine Nouvelle
Centrale Fessenheim Centrale Fessenheim ( D.R.)

Lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, dimanche 11 avril, la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, est revenue sur la mue industrielle du site de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin). Elle a annoncé la création "d’un groupe de travail commun entre les allemands et nous pour qu’on puisse installer, sur ce site de Fessenheim, de nouveaux emplois liés à deux nouvelles filières industrielles".

La première filière industrielle est celle de la voiture électrique. La ministre confirme être en contact avec Elon Musk pour l’implantation d’une usine Tesla dans le bassin d’emploi de Fessenheim. "Je rencontre à nouveau dans une dizaine de jours les équipes Tesla (…) Je lui ai écrit (à Elon Musk) pour lui montrer le potentiel de développement sur ce territoire", assure la ministre, qui précise que le patron américain n’a pas rejeté l’éventualité de s’implanter en France.

Vitrine du démantèlement

Les Allemands ont pour leur part, selon la ministre, proposé le développement "d’une usine de construction de la troisième génération de batteries". La ministre prenant pour exemple des concepts de "batteries rechargées avec de l’énergie solaire".

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L’autre filière industrielle envisagée par la ministre est celle, plus évidente sans doute, du démantèlement nucléaire. Un marché en développement à l’échelle mondiale et pour lequel la centrale du Grand Est pourrait devenir une vitrine du savoir-faire français.

Localement, les déclarations de la ministre, qui avait déjà évoqué Tesla le 5 avril dernier, n’enchantent guère. "Il serait bien d’arrêter le buzz et d’entrer dans une logique de travail", déclare Vincent Froelicher, directeur de l’Agence de développement économique régionale (Adira), à l’Usine Nouvelle. Les élus locaux échangeraient déjà avec le groupe américain depuis plusieurs semaines.

Une mise à l’arrêt plus tôt que prévu

Pour ce qui est de la centrale de Fessenheim directement, la ministre assure que la fermeture va être anticipée. "Je mets la pression sur EDF pour que les études complémentaires soient mises sur la table et pour que je puisse avant l’été (…) prendre le décret d’arrêt de l’autorisation d’exploitation", assure Ségolène Royal.

Mais, selon Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, la fermeture effective de la centrale alsacienne est conditionnée à l’ouverture de l’EPR de Flamanville (Manche), dont la mise en service est prévue, pour l’instant, fin 2018. "Aucune garantie ne peut être donnée sur la date de l'arrêt effectif de Fessenheim", avait même assuré le ministre lors des questions au gouvernement de l’Assemblée nationale, le 8 mars dernier.

Ludovic Dupin

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