La montée en puissance de la filière hydrogène renouvelable soulève la question du stockage de ce gaz à grande échelle. Storengy, filiale du groupe Engie spécialisée dans le stockage souterrain de gaz naturel, planifie à ces fins le creusement d’une cavité spécifique sur son site de Cerville (Meurthe-et-Moselle), dans l’agglomération de Nancy. L’investissement de 9,3 millions d’euros permettrait d’enfouir 9 tonnes d’hydrogène, soit une quantité équivalente à 360 pleins de bus.
Pas de filière hydrogène sans stockage
Le projet a été présenté dernièrement à des élus, industriels et représentants d’associations à l’occasion d’une conférence dessinant les contours de la filière hydrogène renouvelable dans le Grand Est. « La montée en puissance de cette filière ne se fera pas sans un développement du stockage. Cette solution apporte de la flexibilité, comme c’est actuellement le cas pour le gaz naturel », analyse Maïlis Benazet, la responsable du développement de la filière hydrogène chez Storengy. A la pointe de froid de l’année, le débit de soutirage du site de Cerville en gaz naturel représente l’équivalent en puissance de 4,3 gigawatts, soit quatre centrales nucléaires.
Concrètement, Storengy prévoit de ménager sur son site lorrain, qui s’étend sur 13 communes, une nouvelle cavité dans les couches de sel supérieures de la nappe aquifère pour y stocker de l'hydrogène ; une première pour le groupe de 1000 salariés. Ce stockage à 270m de profondeur alimenterait ensuite par poids lourds un réseau de stations de distribution implantées dans un rayon de 100 km. La cavité pourrait également être reliée au réseau transfrontalier de transport d’hydrogène MosaHYc, attendu à l’horizon 2026 entre la Moselle et l’Allemagne.
Valorisation des coproduits
Sur le plan technique, le creusement serait réalisé par lessivage des sous-sols. La saumure ainsi produite pourrait être utilisée par les industriels du bassin voisin de Dombasle-sur-Meurthe et de Varangéville, en Meurthe-et-Moselle (Solvay, Novacarb, Compagnie des Salins du Midi et Salines de l’Est) dans un esprit d’économie circulaire, pointe-t-on chez Storengy.
Le groupe table sur une mise en service de la cavité à l’horizon 2026, une fois levé les freins industriels et règlementaires. « La reconversion d’une cavité saline existante sur notre site d’Etrez (Ain) va permettre de tester en amont la production et le stockage d’hydrogène vert à une échelle industrielle », précise Maïlis Benazet.





