En 2027, Mustela arrêtera les lingettes pour bébé, faisant une croix sur 20% de son chiffre d'affaires. Depuis 2015, le fabricant a travaillé pour les rendre compostables. Mais les lingettes restent un produit à usage unique, non durable. Et si la loi Agec prévoit leur interdiction en 2040, «pour nous, c'est trop tard», explique Sophie Robert-Velut, la directrice générale des opérations dermocosmétique et rhumatologie des laboratoires Expanscience, propriétaire de la marque de produits de soin pour bébés.
Après avoir été l'une des première B-Corp françaises en 2018, l’ETI familiale de 1100 personnes et 287 millions d’euros de chiffre d’affaires est devenue entreprise à mission fin 2021. Elle veut désormais devenir entreprise régénérative à l’horizon 2030. Pas question en effet de se contenter de viser la neutralité carbone ou de contribuer au bien-être des parents. Expanscience veut maintenant «contribuer à la protection et à la régénération de la biodiversité» mais aussi «mobiliser ses communautés et son écosystème afin de construire ensemble un modèle d’affaires à impact positif sur la société, les individus et leur environnement».
Fin des produits non durables
Dans le cadre de la première Convention des entreprises pour le climat, Sophie Robert-Velut a tracé, avec ses équipes, une feuille de route pour atteindre ce nouvel objectif. On y trouve, outre l’idée de renoncer à des produits non durables comme les lingettes, celle de mener une comptabilité triple capitaux, pour donner un prix à des biens et des services sociaux et environnementaux, tel que l’eau, comme s’ils étaient des ressources rares.
Engagée dans une chasse aux plastiques, Mustela participe depuis dix-huit mois au collectif d’entreprise Pulp in action, pour inciter les fournisseurs d’emballage à proposer des alternatives. La marque a également décidé de partager son retour d’expérience du vrac en pharmacie avec quatre concurrents, pour généraliser cette pratique. Un concept de maison des parents, où les produits de puériculture seraient échangés au même titre que les conseils de professionnels, est en cours d’expérimentation.
Et autour de son usine d’Épernon (Eure-et-Loir), la PMI cherche à participer à une économie circulaire vertueuse, en alimentant des méthaniseurs de ses déchets de production ou en cherchant à utiliser des coproduits de l’agriculture dans ses préparations.
N'allez pas parler d’utopie à Sophie Robert-Velut. Pour elle, «ce qui est utopique, c’est de penser que l’on peut continuer comme aujourd’hui». Et elle compte bien en convaincre toutes ses parties prenantes.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3176 - Mars 2023





