Au centre de R&D de Galderma à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes), une grève a mobilisé de nombreux salariés jeudi 8 mars. C’était jusqu’ici un des fleurons de la technopole pour la filière santé. Mais le laboratoire suisse - implanté depuis 1981 sur la technopole, où il occupe un vaste site avec 20 000 m² de laboratoires - a annoncé en septembre 2017 son intention de réduire voire supprimer l’activité R&D, impactant au moins 400 des 550 postes du site. Ce serait d’ailleurs l’un des plus gros plans de licenciements sur la technopole depuis des années.
Les grévistes protentent contre l'insuffisance des mesures d'accompagnement prévues dans le plan social, toujours en discussion, qui devrait être présenté en comité d'entreprise le 14 mars. L’entreprise justifie cette décision par une réorientation de Galderma, filiale de Nestlé, qui touche notamment le centre de recherche en dermatologie de Sophia Antipolis. En 2014, le laboratoire avait fait l’acquisition d’un terrain de 2 hectares pour prévoir l’extension sur 4 500 m² de son établissement et recruter au moins 300 salariés supplémentaires. Le revirement est d’autant plus surprenant. L’entreprise souhaite mettre l’accent sur les médicaments biologiques.
Présenté en comité d’entreprise, le plan prévoit 300 départs volontaires et un reclassement d’une centaine dans un centre ailleurs qu’à Sophia Antipolis. L’entreprise souligne, qu’elle "a besoin d’un environnement que n’offre pas la technopole" !
Galderma, dont le siège est à Lausanne en Suisse, consacre 20 % de son chiffre d’affaires (1,6 milliard d’euros) dans la recherche et le développement de nouveaux produits. Le centre R&D de Sophia travaille avec ceux de Princeton aux Etats Unis, de Tokyo au Japon et d’Uppsala en Suède. Galderma emploie au total 6 000 salariés, dont près de 10 % sur Sophia Antipolis. C’est sur le site de la technopole azuréenne qu’a été créée l’adapalène, molécule de traitement de l’acné.
avec Michel Bovas





