Unity Semiconductor (UnitySC) est un acteur tricolore des semi-conducteurs, basée à Montbonnot-Saint-Martin, près de Grenoble (Isère). Peu connue jusqu’ici, cette PME s’est trouvée propulsée dans l’actualité ces derniers jours. Des rumeurs prêtent au fonds d’investissement chinois Wise Road Capital, connu pour ses acquisitions en série dans les semi-conducteurs, le projet de racheter cette société, spécialisée dans les équipements d’inspection et de contrôle des plaquettes de puces.
Ce que Patrick Leteurtre, PDG du groupe de métrologie Fogale Nanotech, la maison-mère d’UnitySC, dément catégoriquement. « Notre filiale UnitySC n’est en aucun cas en train d’être cédée au fonds chinois Wise Road Capital, affirme-t-il à L’Usine Nouvelle. Nous n’avons aucunement l’intention de la vendre. Pourquoi le faire ? La société est en pleine croissance. Nous préférons nous concentrer sur son développement. »
120 salariés dans le monde
UnitySC a été créée en 2016 par combinaison de l’activité d’inspection de plaquettes de puces de Fogale Nanotech avec Altatech, une société rachetée la même année à Soitec. La nouvelle entreprise est renforcée par l’acquisition en 2018 de la société allemande HSEB. Elle est aujourd’hui détenue à 76% par Fogale Nanotech et à 24% par le fonds d’investissement français Jolt Capital.
Elle compte 120 salariés dans le monde, dont une cinquantaine à Grenoble, qui est à la fois son siège social, son centre de R&D et son site d’assemblage final. L’entreprise dispose de bureaux en Allemagne, à Singapour, à Taiwan, en Corée du Sud et aux Etats-Unis.
Appétit de la Chine
Le fonds Wise Road Capital est à l’affût de cibles en Europe et en Asie pour aider la Chine à réduire sa dépendance dans les semi-conducteurs. Il s’est fait connaître notamment par le rachat en 2016 des circuits standards de NXP (devenu la société Nexperia) avec d'autres investisseurs, avant de vendre cette société au groupe chinois d'électronique Wingtech. Il projette maintenant de mettre la main sur le sud-coréen Magnachip, leader des circuits pilotes des écrans Oled. Mais les Etats-Unis pourraient bloquer la transaction. Le verdict est attendu le 13 décembre.
A-t-il fait une offre de rachat d’UnitySC ? Patrick Leteurtre refuse de répondre. « Nous recevons tout le temps des offres, élude-t-il. Pour accompagner la croissance de la société, nous menons régulièrement des discussions avec des partenaires potentiels. Ces discussions se déroulent sous le sceau de la confidentialité. Dès que nous aurons conclu un partenariat, nous l’annoncerons. Mais il n’est pas dans nos plans de vendre la société. »
Cap des 100 millions d'euros en 2025
Pour UnitySC comme pour le reste de la filière, le contexte est favorable. Tous les fabricants de semi-conducteurs sont en train d’augmenter leurs capacités de production pour répondre à l’accroissement séculaire de la demande, qui devrait doubler la valeur du marché d’ici à 2030, selon le cabinet VLSI Research. Dans ce cadre, UnitySC espère « atteindre un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros cette année, contre 13 millions en 2020 », confie Patrick Leteurtre.
« Notre plan de développement prévoit un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros dans quatre ans », ajoute le dirigeant. UnitySC se positionne sur le même créneau que des groupes mondiaux comme les américains KLA (5,8 milliards de dollars, soit 5 milliards d'euros de chiffre d’affaires en 2020) et Onto Innovation (560 millions de dollars, l'équivalent de 485 millions d'euros), ainsi que l’israélien Camtek (160 millions de dollars, environ 138 millions d'euros).
« Nous suivons la feuille de route de nos clients avec les prochaines étapes de miniaturisation des technologies de gravure, indique Patrick Leteurtre. Nous réalisons plus de 95% de notre chiffre d’affaires à l’international. En France, nous avons Soitec comme seul client. Nos gros clients sont plutôt TSMC, Samsung, Infineon, SMIC, IBM… » Signe de l’importance du marché asiatique, UnitySC s’est donné un directeur général singapourien en la personne de Dan Lee, basé à Singapour.





