La machine de la PME normande Pantechnik teste les composants de satellites avant leur départ vers l'espace

L'entreprise Pantechnik, basée à Bayeux (Calvados), a développé Lutex, une solution de tests et de recherche pour les composants de matériaux et équipements spatiaux. Le pari d'un marché pointu, peu occupé à l'échelle industrielle.

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Raphael Murray presente Lutex, de Pantechnik
Raphaël Murray, directeur général adjoint de Pantechnik présente Lutex, le simulateur de vents solaires, à Bayeux (Calvados).

Lutex ressemble à première vue à une plateforme électrique, à même – d'ailleurs – de générer un champ électrique de 300000 volts. «On a ici une chambre à vide, où on projette les particules sur les matériaux à tester, décrit Raphaël Murray, directeur général adjoint de Pantechnik, à Bayeux. On peut simuler 30 ans de vie d'un satellite en quelques heures.»

L'entreprise (20 salariés, 3,8 millions d'euros de chiffre d'affaires), qui fabrique des machines de physique nucléaire source d'ions lance, en 2025, Lutex, «une offre de services qui propose aux clients, au lieu d'acheter une machine complexe pour tester leurs matériaux ou équipements spatiaux, de nous les envoyer pour qu'on les teste nous-mêmes», présente Raphaël Murray.

Peintures, antennes, panneaux solaires ou encore revêtement d'équipements optiques sont mis à rude épreuve dans l'environnement spatial. Le dispositif, développé depuis 2022 par Pantechnik pour 1,5 million d'euros d'investissements (dont 500000 euros de France Relance) reproduit un grand nombre de conditions, notamment les vents solaires, et permet de qualifier les matériaux.

Tester des matériaux exposés aux conditions spatiales en un mois

«On a décidé d'aller sur les basses énergies, c'est-à-dire les vents solaires et cosmiques, qui ont un effet permanent sur les matériaux. En fait, c'est un marché assez peu occupé par des acteurs industriels pour des tests», développe le responsable, qui parle de Lutex comme d'une machine «unique au monde, qui offre la possibilité de tester de nombreux petits échantillons ou une grande pièce». Le tout dans des délais plus courts que des laboratoires, déjà logiquement occupés par leurs activités de recherche : environ un mois pour l'entreprise calvadosienne contre un à deux ans pour un organisme de recherche, d'après Pantechnik.

Sur la voie industrielle, avec vingt clients

La machine se veut polyvalente, pouvant projeter des atomes assez divers, au gré des demandes des clients. Au centre de l'installation, une source d'ions, cœur d'activité de l'usine. L'ajout possible d'une seconde source d'ions pourrait permettre de projeter également des particules de métaux. «Avec cette possibilité d'irradier avec plusieurs atomes, Lutex permet aussi d'explorer le «dopage ionique», qui est un sujet colossal pour les nouveaux matériaux de semi-conducteurs, ajoute Raphaël Murray. On peut faire les savants fous, s'amuse-t-il. Plus sérieusement, le procédé donne accès à un vaste champ de recherche et développement.»

Lutex est encore au début de sa commercialisation. Une vingtaine de clients, notamment européens, ont manifesté un intérêt dont le Cern, le CEA ou Siemens. Alors que les besoins d'engins spatiaux augmentent et que les capacités de test sont à saturation, Pantechnik s'engouffre dans une voie industrielle. Son dispositif pourrait lui apporter 20 à 25% de chiffre d'affaires supplémentaires d'ici à 2027.

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