La deeptech Moïz, qui utilise la chaleur fatale pour alimenter l’IoT, lève 3 millions d’euros

Fondée en 2020, la deeptech Moïz a annoncé le 18 septembre dernier une levée de fonds d’un montant de 3 millions d’euros. Ce financement lui permettra d’améliorer et d’industrialiser son dispositif de récupération de chaleur fatale, capable d’alimenter de façon autonome plusieurs capteurs pour la supervision de procédés industriels.

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Les associés de Moïz. De gauche à droite : Yann Guiomar, directeur commercial; Dimitri Taïnoff, PDG et cofondateur; Hervé Deslandes, directeur technique et cofondateur.

La deeptech Moïz, qui développe un générateur thermoélectrique durci pour le monde de l’IoT, a annoncé le 18 septembre avoir levé 3 millions d’euros. Ce premier tour de table (seed), composé de 1,1 million en equity et d’un effet de levier auprès de plusieurs banques (dont Bpifrance et BNP), a été piloté par l’investisseur Grenoble Angels. Le groupe minier Rio Tinto, qui teste le dispositif de Moïz depuis 2021, y a participé.

Le module autonome de Moïz, un essaimage en 2020 de l’Institut Néel à Grenoble, a l’avantage de pouvoir opérer dans des environnements difficiles, à des températures de plusieurs centaines de degrés. Sans fil et sans batterie, il exploite l’effet Seebeck (le plus connu des effets thermoélectriques avec l’effet Peltier), en présence d’un gradient de température, pour alimenter divers capteurs qui viennent s’y raccorder. Il transmet ensuite par radio les données nécessaires à la supervision d’un procédé.

Le marché du bâtiment dans le viseur

Le système a évolué depuis la version présentée en 2022. « Nous avons ajouté des technologies radio, comme le Bluetooth Low Energy, le LTE-M et le NB IOT (la précédente version ne disposait que de LoraWan, ndlr), ainsi qu’un port USB pour que le client puisse configurer via son PC n’importe quel capteur branché », explique Dimitri Taïnoff, le PDG de Moïz, que la rédaction d’Industrie et Technologies a rencontré sur le salon Sido 2025.

« Notre R&D travaille sur un module de taille supérieure qui pourrait alimenter des capteurs réclamant des pics de puissance jusqu’à 10 watts, poursuit-il. Le but est également d’intégrer la radiocommunication via 4G/5G, ce qui répondrait aux besoins de cas d’usage offshore », poursuit-il. Cette équipe de R&D sera renforcée grâce à ce financement.

En collaboration avec l’Institut Néel et d’autres laboratoires académiques, elle planche par ailleurs sur la conception de générateurs thermoélectriques en couche mince (les générateurs actuels sont assez massifs et proviennent d’Asie), produits sur wafer de silicium. L’idée serait d’obtenir un module Bluetooth plus compact, moins cher, pour pénétrer le marché de l’IoT pour le bâtiment et la Smart City.

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