Epsor, la start-up française qui veut accélérer la conversion des PME et des ETI à l’épargne salariale

Fondé par d'anciens cadres de la Société Générale, Epsor veut démocratiser les outils d'épargne salariale en direction des PME et des ETI, moins équipées que les grands groupes. Ils veulent aussi apporter un conseil financier adapté à une population pas toujours au fait de ces sujets. Le vote prochain de la loi Pacte pourrait booster ces jeunes entrepreneurs qui parient sur la simplification de l'usage client et la transparence pour faire baisser les coûts. Portrait de cette start-up entre RH et fintechs. 

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Epsor, la start-up française qui veut accélérer la conversion des PME et des ETI à l’épargne salariale
Etre pédagogique et ludique sans rien concéder au sérieux des explications, telle est la mission que s'est assignée l'équipe d'Epsor.

Julien Niquet et Benjamin Pedrini sont les cofondateurs d’Epsor, une start-up qui a décidé de s’intéresser à un sujet qui n’est pas le plus glamour du monde : l’épargne salariale et retraite, l’intéressement et la participation. Leur but est simple : développer ces outils de rémunération différée à la législation particulière aux salariés des PME et des ETI. Les statistiques sont officielles : si les grandes entreprises sont bien équipées, la part des entreprises ayant signé de tels dispositifs décroît avec le nombre de salariés. Autant dire que le marché qui s’ouvre à eux est important.

Source : Dares Résultat Août 2018. Participation intéressement et épargne salariale en 2016

Pour attaquer ce marché, ils ont choisi une méthode qui a fait ses preuves. Plutôt que de s’opposer directement aux acteurs en place, ils ont développé une couche de services au dessus ce qui existe déjà. De quoi les rendre indispensables auprès des institutions financières qui proposent des produits d’épargne salariale, des responsables RH ou DRH des PME et des salariés. Cette activité présente, en effet, au moins une particularité : elle est à la fois B to B, puisque si ce sont les DRH (avec l’avis des instances représentatives du personnel) qui souscrivent, in fine ce sont les salariés qui touchent.

Faire simple pour convaincre

Pour convaincre les uns et les autres, la start-up parie sur un travail de simplification. Côté DRH qui hésiterait, agacée d’avance par la masse de paperasse à remplir, la plateforme numérique propose des accords-types, avec la formule idoine selon le but qu’ils poursuivent. La start-up gère aussi bien la rédaction de l’accord, que les démarches administratives de dépôt auprès de l’administration pour l’entreprise, mais aussi la consultation des salariés, la rédaction du PV…

"Ce sont de formidables outils pour une politique d’attractivité des talents ", assure Julien Niquet, pour peu qu’on ait fait preuve de pédagogie. "Les utilisateurs finaux ne comprennent pas toujours les tenants et les aboutissants des différents dispositifs, leur intérêt fiscal ou leur spécificité", poursuit-il. Le projet est de "faire de ce qui est encore trop souvent perçu comme un produit bancaire, un produit au service de l’entreprise et des salariés", résume Benjamin Pedrini.

La start-up qui emploie une vingtaine de salariés sous les toits au cœur de Paris dans le quartier de l’Opéra a deux ambitions : devenir le leader de l’épargne salariale et la référence du conseil en ligne pour les petits épargnants. Pour cela, le site développée par Epsor reprend, par exemple, des codes graphiques qui ne sont peut-être pas la norme dans le monde financier, mais auxquels sont habitués les particuliers connectés. "Aujourd’hui, un dirigeant d’entreprises veut des outils B2B aussi simples que l’appli qu’il utilise dans sa vie personnelle pour des services B2C", indique Julien Niquet. Les fournisseurs de services aux entreprises ne peuvent plus faire des services complexes sous prétexte que c’est du B2B.

Une couche de services

La start-up ne gère pas les fonds directement, ni ne tient les comptes. Elle a passé des accords avec des entreprises de premier plan du secteur. Elle se concentre sur les services rendus et sur la compétitivité. Pour offrir des placements de qualité, Epsor vise un portefeuille de 40 fonds d’ici à la fin du mois d’avril 2019. Elle travaille pour une plus grande transparence du marché, pour faire baisser les coûts de gestion. C’est particulièrement important pour les PME qui n’ont pas toujours le pouvoir de négociation d’une entreprise du CAC 40 dans leur négociation avec les établissements financiers. "Nous avons fait le choix de prendre des fonds moins chers pour que nos clients y gagnent", explique Benjamin Pedrini.

Si le discours et les offres semblent bien rôdés et adaptés au marché, c’est que la start-up s’est hâtée doucement. Entre le moment où l’idée de l’entreprise est née courant 2017 et la sortie de l’offre en juillet 2018, il s’est écoulée un an. Sur un sujet aussi sensible que l’épargne, il faut montrer patte blanche, blinder son outil, pour convaincre les clients potentiels. Et "soigner l’expérience client que ce soit pour le DRH ou le salarié", martèle Julien Niquet.

Des moyens pour se développer au bon moment

D’ailleurs, les deux fondateurs, dont la société a levé 1,3 million d’euros auprès du fonds Partech et de business angels au début de l’hiver, assurent qu’ils peuvent aussi gérer facilement un transfert pour les entreprises qui ont déjà des outils d’épargne salariale et qui voudraient leur confier la gestion de celle-ci. Côté finances, outre la levée de fonds, Epsor a obtenu un crédit de Bpifrance.

Pour trouver de nouveaux clients et se développer, elle parie sur des partenariats ou des accords de distribution avec des réseaux existants qui ne possèdent ce type d’offres.

Le contexte législatif et réglementaire pourrait bien les aider à se développer rapidement. La loi Pacte actuellement en discussion devant le Parlement réduit le forfait social sur la participation et l’intéressement pour les entreprises de moins de 250 salariés et réforme l’épargne retraite. De quoi donner l'envie à davantage d’entreprises de faire appel à Epsor.

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