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L'Usine Aéro

[Vidéo] En lançant le Falcon 6X, Dassault tourne la page avec Safran

Olivier James , , ,

Publié le , mis à jour le 28/02/2018 À 18H03

Vidéo Dassault Aviation a dévoilé le Falcon 6X au Bourget. Il remplace le Falcon 5X abandonné par l’avionneur en raison des difficultés rencontrées par Safran pour développer le moteur.

[Vidéo] En lançant le Falcon 6X, Dassault tourne la page avec Safran © Top Cover of Virginia


Il aura fallu moins de trois mois au groupe pour présenter son nouvel appareil. Alors que Dassault Aviation avait annoncé le 13 décembre dernier l’abandon du Falcon 5X et l’imminence de son successeur, l’avionneur a dévoilé mercredi 28 février son nouvel appareil sur son site du Bourget, au nord de Paris : le Falcon 6X, un avion d’affaires haut de gamme qui doit effectuer son premier vol début 2021 et entrer en service en 2022. Avec une autonomie de 10 186 km – de quoi assurer par exemple un vol Paris-Hong Kong –, contre 9 600 km pour le Falcon 5X, il s’insère dans la gamme de l’avionneur entre le Falcon 900LX et le Falcon 7X.

Si Dassault a mis si peu de temps, c’est que ce nouveau jet d’affaires n’a pas été développé à partir d’une feuille blanche. Il est largement inspiré du Falcon 5X dont il reprend exactement l'empennage arrière et l'avionique. L’avionneur a toutefois redessiné la cabine, qui est plus longue que celle du Falcon 5X, le réservoir, ainsi que la voilure pour s’adapter au nouveau moteur sélectionné, le PW800 de Pratt&Whitney Canada. Au final, le Falcon 6X affiche un prix catalogue de 47 millions de dollars, deux millions de dollars de plus que le Falcon 5X. L’avionneur prévoit à terme un niveau de production de deux Falcon 6X par mois.

Un plan B dès 2016

Avec ce nouveau moteur, Dassault espère tirer un trait définitif sur les déboires du Falcon 5X : l’avionneur a abandonné cet avion lancé en 2013 en raison des difficultés rencontrées par Safran pour développer son moteur, le Silvercrest. Jeux trop importants entre certaines pièces, banc d’essai volant inadapté, système de régulation thermique sous-dimensionné… Safran a sous-estimé l’enjeu industriel que représentait le développement d’un moteur dédié à l’aviation d’affaires, segment sur lequel il cherche à se positionner. Le calendrier initial prévoyait une mise en service du Falcon 5X en 2017, mais les problèmes à répétition du motoriste ont peu à peu décalé le calendrier de livraisons, passant à 2020.

"En 2016, nous avons accepté des spécifications en retrait par rapport au contrat de 2010 passé avec Safran, autrement dit de moindres performances car ils n’arrivaient pas à tenir un certain nombre de nos exigences", a expliqué en aparté Eric Trappier, le patron de Dassault Aviation. Dès lors, les équipes de Dassault commencent à plancher sur un plan B. C’est en septembre 2017 que la collaboration entre les deux industriels tourne au vinaigre et conduit en décembre à la rupture du contrat : Safran annonce un nouveau problème au niveau du compresseur haute pression. Entrainant un nouveau retard… Inacceptable pour le patron de Dassault, pressé par ses clients.

Un pari perdu

"A ce moment-là, ils nous ont donné un délai qui n’était pas crédible, a rajouté Eric Trappier en marge de la conférence de presse, sans toutefois préciser la nouvelle date. Car on ne règle pas un problème de compresseur haute pression de manière aussi rapide". Et le dirigeant de questionner l’aptitude du motoriste à développer cette partie clé du moteur, la plus complexe, la plus sensible. Car si Safran est reconnu comme l’un des meilleurs motoristes mondiaux, il doit sa réputation au CFM 56 et à son successeur le Leap, qui équipent tous deux les monocouloirs, dont il ne gère que la partie froide quand son partenaire industriel General Electric est responsable de la partie chaude. Les deux industriels sont regroupés pour ces deux moteurs au sein d'une société commune, CFM International.

"Mais quelle est la compétence de Safran pour dessiner un moteur de A à Z ? s’interroge le patron de Dassault. Il y a le moteur M88 qui fait des bons Rafale, mais il date des années 80. Mais depuis ? […] Le but de Safran était de dire, grâce au Silvercrest, nous dessinons complètement un moteur, ce que nous ne faisons sur aucun autre moteur, et on y arrivera parce qu’on y mettra les moyens". Pour Dassault, qui collaborait de longue date avec Pratt&Whitney Canada dans la motorisation de ses jets, le pari d'un nouveau partenaire, qui plus est novice sur ce segment, est perdu. Cela faisait 45 ans que Dassault n’avait pas abandonné un programme en cours. En 1973, l’avionneur avait arrêté le Falcon 30 après plusieurs essais en vol en raison de plusieurs problèmes techniques.

Un marché de l'aviation d'affaires morose

Quel est le manque à gagner pour Dassault ? Officiellement, le groupe a enregistré quinze annulations de Falcon 5X. Si certains clients ont opté pour le 7X et le 8X, l’avionneur fait face à des pertes sèches, mais dont il ne livre pas le détail. Qui plus est, le Falcon 6X va sortir bien après son principal concurrent, le G500 de Gulfstream, qui doit entrer en service cette année. Un appareil qui est d’ailleurs également motorisé par Pratt&Whitney Canada, avec un moteur très proche du Falcon 6X. Les négociations sont engagées avec Safran pour évaluer le montant des compensations.

Dans un marché de l’aviation d’affaires qui reste morose depuis maintenant une dizaine d’années, Dassault prépare aussi depuis un an le développement d’un autre avion pour relancer des ventes en berne. Mais Eric Trappier s’est refusé à fournir le moindre élément de calendrier. Dassault a-t-il profité des problèmes du Silvercrest pour lancer un appareil avec un plus grand rayon d’action ? "C’est absolument faux, assène Eric Trappier. Toutes les spécifications du Falcon 5X étaient atteintes, sauf au niveau du moteur. Nous sommes rudes mais nous ne sommes pas des menteurs". Fin 2017, l’avionneur comptabilisait 52 commandes d’avions Falcon, contre 121 fin 2014. Ce qui a forcé Dassault à réduire ses livraisons ces dernières années, passant de 77 appareils en 2013, à 49 en 2017.

Olivier James, avec Aurélie M'Bida (vidéo)

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