31 tonnes de bretzels sortent déjà, chaque jour, de l’usine Boehli, à Gundershoffen (Bas-Rhin), au nord de Strasbourg. Avec la septième ligne de production qui vient d’être inaugurée, la capacité pourra monter à 42 tonnes.
Trop à l’étroit dans ses murs, le fabricant Boehli, numéro deux du bretzel en France après Ancel, propriété de l’allemand Dr. Oetker, a investi environ 1,2 million d’euros dans cette nouvelle ligne. Cet investissement s'inscrit dans un contexte de marché des apéritifs à croquer en pleine croissance, de près de 5% en volume en 2024.
L'installation de la ligne était conditionnée par la création d'un nouvel espace de stockage. Environ 5,5 millions d’euros ont été dépensés par l’entreprise pour faire sortir de terre un entrepôt automatisé de 3000 mètres carrés, équipé de deux trans-stockeurs d’une capacité de 4054 palettes. Le bâtiment, situé à 300 mètres de l’usine, a nécessité l’installation d’un AGV (véhicule à guidage automatique) extérieur pour transporter les palettes par deux, entre le lieu de production et le lieu de stockage. «Cet AGV évite de faire rouler six à sept camions qui auraient fait l’aller-retour, chaque jour, par la route. Cela évite une importante nuisance sonore pour le voisinage», note Raphaël Wurtz, le directeur d’usine de Boehli. Spécificité du véhicule, qui se déplace à l’extérieur, une station météo est intégrée pour alerter les équipes en cas d’intempérie pouvant provoquer des situations dangereuses, comme un vent fort ou du verglas. Le nouvel entrepôt est également équipé de panneaux photovoltaïques dont la production de 250 kilowattheures est directement consommée par l’usine.
Cyrille Fleckinger 1,5 million d’euros pour moderniser les lignes de conditionnement
La direction a aussi entamé la modernisation des lignes de conditionnement en décidant de les équiper de robots d’encaissage et de palettisation dont l'arrivée est prévue pour la période 2025-2026,pour un montant d'1,5 million d’euros. «Nous avons aussi investi dans une ligne de filmage. Depuis le conditionnement jusqu’au quai d’expédition, tout est automatisé», souligne le directeur. Une automatisation qui réduit les charges liées à la manutention et améliore les conditions de travail des employés, pour l’entreprise qui compte une centaine de personnes dont une vingtaine d’intérimaires. «Nous sommes situés dans une zone d’emploi, celle de Haguenau, qui affiche un très faible taux de chômage. Le recrutement reste difficile, mais l’amélioration des conditions de travail permet de fidéliser le personnel», pointe Anita Schaeffer, directrice commerciale de Boehli. La nouvelle ligne de production et le nouvel entrepôt ont créé cinq nouveaux emplois sur le site.
60% de la production est actuellement dédiée aux produits sous marques de distributeurs et l’entreprise développe en parallèle sa marque propre. Depuis deux ans, Boehli produit des bretzels aromatisés. «Nous avons constaté l’engouement créé par ce type de produits sur le marché des chips», explique Anita Schaeffer. L’entreprise investit également le marché du sucré, avec des bretzels enrobés de chocolat et des brisures de bretzels incorporés à des tablettes. Ce qui représente pour le moment environ 10% du chiffre d’affaires de Boehli, 22,7 millions d’euros en 2024. 38% du marché sont réalisés à l’export, principalement vers l’Allemagne. L’usine, qui fête ses 90 ans, cette année, mise aussi sur son ancrage local. Deux tiers des matières premières sont achetés à des producteurs français, souvent alsaciens ou basés dans le Grand-Est.





