Compétitivité : le crédit d'impôt ne profite pas à l'industrie

Une note que l'Insee vient de publier affirme que le crédit d'impôt compétitivité emploi a permis de faire baisser le coût de travail en France. Ce constat global cache cependant de fortes disparités. Si le CICE profite largement aux services, il n'a pas le même impact dans l'industrie.

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Compétitivité : le crédit d'impôt ne profite pas à l'industrie
Petit à petit, les ambitions du rapport Gallois ont été détournées. De l'industrie, on est passé à l'emploi.

Le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) a-t-il fait baisser le coût du travail en France ? A court terme, oui. Sur un trimestre, l’indice du coût du travail (ICT) - salaires et charges - calculé par l’Insee affiche un recul de 1,9 % tous secteurs confondus. Sur le long terme, en revanche, l’effet est moins franc. La mesure phare du Pacte pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, présenté le 6 novembre dernier, aura juste réussi à contenir son inflation sur un an. Selon les calculs de l’Insee, l’ICT a quasi stagné en France avec une hausse de 0,1 %. L’impact du CICE est donc réel (si l’on en croit l’Insee, la hausse de l’indice aurait été de 1,8 % sans lui) mais il ne serait pas juste d’affirmer qu’il a réellement permis au coût du travail de reculer. Il l’a simplement contenu.

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D’ailleurs, si on rentre encore un peu plus dans les détails de la note de l’Insee, on se rend compte aussi et surtout que le CICE ne bénéficie pas à tous les secteurs de la même manière. En fait, la quasi-stagnation cache des disparités importantes. Si le secteur tertiaire profite à plein du crédit d’impôt, l’industrie, elle, est nettement moins bien lotie. Les entreprises de l’hôtellerie-restauration, de la construction, du commerce ou des transports ont en effet vu leur coût du travail baisser assez fortement sur les trois premiers mois de 2013 (jusqu’à -2,8 %) mais les industriels ont eux continué à subir une inflation. L’indice ayant encore progressé de 0,3 % sur un an et de 1,8% dans les industries dites extractives !

...L'INDUSTRIE beaucoup moins

Les raisons de cette disparité sont connues. Le gouvernement, qui avait fait du redressement de la production sa priorité l’an dernier, a modifié ses plans en cours de route. Il n’a pas souhaité réserver cette mesure aux industriels et a décidé d’asseoir le CICE sur une assiette de salaires allant jusqu’à 2,5 fois le SMIC. Ceci permettant d’y inclure 80 % des entreprises. Ce choix excluait de fait une bonne partie des salariés très qualifiés qui œuvrent dans l’industrie et dont les salaires sont plus élevés. Un rapport de COE-Rexecode avait d’ailleurs alerté très tôt sur le fait que cette mesure à 20 milliards d’euros ne profiterait qu’à hauteur de 4 milliards à l’industrie. C’est ce que confirme en creux la note de l’Insee.

L'emploi est la priorité, pas les usines

Au-delà des chiffres, des intentions aux actes, il y a clairement eu un glissement. Décidé au départ pour sauvegarder la compétitivité de nos usines (comme le suggérait le rapport Gallois), le CICE a été détourné pour répondre à un objectif d’emploi. L’ambition est louable en soi avec 5 millions de personnes sans activité mais elle laisse en chantier la question des marges des entreprises industrielles. Pour permettre à nos usines de se battre face à la concurrence mondiale, il faudra pourtant les redresser rapidement, en allégeant les charges qui pèsent sur elles. Et le CICE n’y suffira pas. Bien sûr la compétitivité n’est pas qu’une question de coût du travail mais si celle-ci n’est pas traitée, il y a de fortes chances pour que ses autres composantes (innovation, montée en gamme, formation…) ne le soient pas non plus.

Thibaut De Jaegher

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