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France-Allemagne : la leçon du rapport Beffa-Cromme

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Publié le , mis à jour le 05/06/2013 À 13H09

Document Jean-Louis Beffa et Gerhard Cromme viennent de remettre leur rapport sur la compétitivité de l'Europe. C'est la première fois qu'une étude est menée de cette manière, en raisonnant à l'échelle des deux pays. En creux, ses deux auteurs nous révèlent aussi la grande puissance que pourrait constituer une France-Allemagne réunie.

France-Allemagne : la leçon du rapport Beffa-Cromme © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

L'Allemagne ? Certains veulent s'y confronter comme de jeunes coqs. D'autres la jugent trop égoïste quand elle tient un discours raisonné vis à vis de la Chine (c'est son premier marché !). D'autres encore affirment qu'elle bride la croissance européenne en modérant fortement ses salaires ce qui limiterait sa demande intérieure. L'austérité, la récession qui en découle et même nos dettes, tout cela, ce serait à cause de l'Allemagne que nous le subirions. Cela ressemble trop à une caricature pour que l'on prenne cela pour parole d'évangile.

Sans rêver béatement devant le modèle allemand, sans chercher à tout prix à classer nos politiques en deux catégories (les héritiers de Schröder et les autres), on doit reconnaitre et accepter qu'il n'y a pas d'avenir en Europe et pour l'Europe qui ne se construise en s'opposant à l'Allemagne. C'est un peu facile de l'accuser et de la juger responsable de nos maux. Cela semble surtout stupide lorsque l'on prend conscience que notre voisin est notre premier partenaire commercial, notre premier débouché ou que l'on comprend que nos taux d'emprunt sur les marchés sont bas parce que nos bons du trésor bénéficient indirectement de la bonne tenu des "bund" allemands (les investisseurs ne peuvent pas avoir seulement ces derniers en portefeuille).

La France et l'Allemagne ont un avenir commun. Et c'est en ce sens qu'il faut lire le rapport de Jean-Louis Beffa, président d'honneur de Saint Gobain et de Gerhard Cromme, président du conseil de Siemens sur la compétitivité et la croissance en Europe. On y apprend que nos destins sont liés en matière d'énergie, d'investissements, dans le domaine des échanges commerciaux bilatéraux, de financement des entreprises ou d'innovation. Les deux patrons plaident pour que leurs deux pays définissent ensemble une stratégie commune sur tous ces sujets comme s'ils ne faisaient qu'un, comme si la France et l'Allemagne ne constituaient qu'une seule grande puissance.

Et quelle puissance ! Si la France et l'Allemagne fusionnait, le nouvel ensemble constituerait la première puissance exportatrice au monde, il compterait 147 millions d'habitants et produirait 5 900 milliards de dollars de richesse par an. Cela ferait de la France-Allemagne la troisième puissance mondiale, juste derrière les Etats-Unis et la Chine. En paraphrasant Audiard, "quand les pays qui font 6 000 milliards de dollars de PIB parlent, ceux qui n'en font que 3 000 les écoutent..."

 

 

Thibaut De Jaegher

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