En Provence, l'usine SPI Pharma de Septèmes-les-Vallons continue de développer sa gamme d'ingrédients pharmaceutiques

Nichée entre les collines de Septèmes-les-Vallons, l'usine SPI Pharma produit notamment des ingrédients et des principes actifs pour l'industrie pharmaceutique. Pour pénétrer le marché des fabricants de vaccins humains, ses dirigeants viennent de réaliser un investissement de 8,5 millions d'euros pour équiper le site de nouvelles installations.

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Vue aerienne SPI Pharma Septemes les Vallons
Vue aérienne du site SPI Pharma de Septèmes-les-Vallons.

Située au cœur d'un parc naturel protégé, encaissée entre des coteaux, l'usine SPI Pharma de Septèmes-les-Vallons s'étend sur 34 000 met assure la fabrication en continu d'excipients, de compléments alimentaires et de produits chimiques de spécialité. « Le site a été créé en 1928 pour fabriquer, à l'origine, de l'hydroxyde d'aluminium, pour les médicaments antiacides, notamment » , raconte Benoît Juhel, directeur de l'usine. En 1986, Sanofi rachète le site pour y produire son fameux Maalox, composé essentiellement d'hydroxydes d'aluminium et de magnésium coprécipités, avant que le groupe ABF ne l'acquière dans les années 90 pour y ouvrir un site de production SPI Pharma.

Une production savamment orchestrée

Depuis, ses activités se sont étendues, mais les antiacides sont restés des produits phares du site. Chaque production se déroule en continu durant trois ou quatre semaines et suit le même cycle. En ce 12 juin, alors que SPI nous a conviés à visiter le site, la production concerne l'AHMH3535, baptisé ainsi car il contient 35 % d'hydroxyde d'aluminium et 35 % d'hydroxyde de magnésium. Après un passage au mélangeur, les matières premières introduites se transforment en un gel, atomisé ensuite pour récupérer une poudre. L'usine SPI Pharma dispose de deux atomiseurs. L'un d'eux possède une taille colossale, de 20 mètres de hauteur et six mètres de diamètre. Sa capacité de production est trois fois supérieure à celle de l'atomiseur dédié au mélange préformulé. La poudre ainsi obtenue, qui ne contient plus d'eau, suite à son passage dans l'atomiseur, est récupérée via un filtre séparateur, puis conditionnée dans son emballage final.

Atomiseur SPI PharmaSPI Pharma
Atomiseur SPI Pharma Atomiseur SPI Pharma (Ed Robinson/OneRedEye)

Un employé de l'usine devant l'atomiseur 2, aux dimensions impressionnantes. 

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Concernant les adjuvants de vaccin, l'objectif est de faire précipiter les sels pour récupérer un gel sous forme solide-liquide, qui sera tamisé pour obtenir la granulométrie souhaitée. « Il s'agit d'un critère très important pour nos clients car nos ingrédients doivent avoir la bonne taille de particule pour être efficaces » , indique Benoît Juhel.

De nouveaux investissements pour atteindre ses objectifs

Bien que le site de Septèmes-les-Vallons produise, aujourd'hui, essentiellement des intermédiaires pharmaceutiques, nommés ainsi par la réglementation car il s'agit d'un mélange d'ingrédients pouvant être incorporés directement à la fabrication des médicaments, il a par ailleurs de nouvelles ambitions. « Nous travaillons actuellement à trouver de nouveaux débouchés et de nouvelles applications pour se positionner sur des produits à plus forte valeur ajoutée, tels que les adjuvants de vaccins et les supports de catalyseurs » , explique le directeur du site.

L' usine produit déjà des adjuvants de vaccins, contenant, dans la grande majorité des cas, de l'alumine (hydroxyde d'aluminium). « Cependant, 99 % de la production est destinée au marché vétérinaire, et nous aimerions désormais pénétrer le marché des fabricants de vaccins humains » , ambitionne Benoît Juhel. Pour cela, l'entreprise a réalisé 8,5 millions d'euros d'investissements, notamment pour intégrer de l'eau purifiée à ses formulations, et ainsi accéder aux standards des vaccins à usage humain. Démarrés, il y a un an, les travaux entrepris aux quatre coins du site de Septèmes-les-Vallons, dont ceux permettant l'acheminement de l'eau purifiée, devraient s'achever, fin 2024. « Pour maintenir la qualité de l'eau purifiée et limiter le risque de création de biofilms, l'eau doit être toujours en mouvement ; donc, nos installations ont dû être pensées pour éviter toute zone de rétention » , explique le directeur de l'usine, en désignant les conduits flambant neufs reliant les différentes cuves de production.

Directeur site SPI Pharma - Benoit JuhelSPI Pharma
Directeur site SPI Pharma - Benoit Juhel Directeur site SPI Pharma - Benoit Juhel (Ed Robinson/OneRedEye)

Benoît Juhel, directeur du site de Septèmes-les-Vallons.

Par ailleurs, le site s'inscrit dans une véritable démarche environnementale, puisqu'il possède sa propre station de traitement d'effluents. « Pour la fabrication de nos produits, nous utilisons environ 150 000  md'eau par an, dont les deux tiers sont ensuite rejetés. Il est important pour nous de contribuer à sa revalorisation » , justifie Benoît Juhel. L'eau est purifiée par des traitements physico-chimiques, puis rejetée dans un cours d'eau qui se déverse ensuite dans la mer. Les investissements débloqués par l'entreprise porteront également sur la station, actuellement en chantier, pour augmenter sa capacité et ajouter des étapes de traitement des effluents, en vue de l'augmentation de l'activité du site.

Un engagement local

Pour assouvir ses ambitions, le site SPI Pharma de Septèmes-les-Vallons va consacrer une partie de ses investissements à l'agrandissement de sa zone de conditionnement. Installée sur une zone protégée, l'usine, qui ne peut pas étendre ses installations, a réduit la taille de son entrepôt de stockage pour accueillir ce nouvel espace 100 % automatisé. « On va faire un bond de 25 ans en avant et diminuer le risque de contamination de nos produits, en réduisant le contact humain », se réjouit le directeur. Il promet d'ailleurs une amélioration des conditions de travail et une optimisation du nettoyage pour les opérateurs. Sur le site provençal, bien que 90 % de la production soit exportée vers l'international, le recrutement est majoritairement local. Ainsi, une centaine d'employés, principalement issus de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, œuvrent pour fournir des ingrédients aux laboratoires pharmaceutiques, clients majoritaires de l'entreprise. « Pour faire face à la hausse des volumes et à une vague de départs en retraite en 2023, l'usine de Septèmes a recruté plus de 30 personnes, ces deux dernières années » , précise le directeur de l'usine.

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