L’histoire risque de se répéter pour IBM. Le vétéran mondial de l’informatique, qui a perdu le contrat de migration de la CIA sur le cloud en 2013, pourrait voir un autre contrat gouvernemental plus important lui échapper : celui de la migration de l'infrastructure informatique du Pentagone sur le cloud. Selon des préemptions de la presse américaine, Amazon Web Services, le bras armé d’Amazon dans le cloud d’infrastructure, est donné favori pour emporter ce juteux marché. Avec à la clé, une manne de plusieurs milliards de dollars sur dix ans.
Oracle en appelle au président Donald Trump
Une perspective qui fait monter la tension dans l’industrie yankee du cloud et met les autres prétendants, IBM en tête, sur la défensive. Tous dénoncent un mode d’attribution du marché inéquitable. Oracle en appelle même au président Donald Trump, qui a choisi de ne pas interférer dans le processus de choix de prestataire par le Pentagone.
Rien n’est encore décidé à ce stade. L’appel d’offres devrait être lancé en mai 2018 pour une sélection de l’heureux élu en septembre. Mais IBM et les autres prétendants craignent que l’affaire ne soit déjà jouée d’avance, à leurs dépens.
Big Blue garde un amère souvenir de sa débâcle humiliante en 2013 quand il a perdu le contrat de la CIA de 400 millions de dollars sur quatre ans en faveur d’un nouveau concurrent qu’il ne voyait pas comme une vraie menace : Amazon Web Services, un pure player du cloud d’infrastructure qui n'avait alors que sept ans d’existence. Il a eu beau contester devant la justice le choix de la CIA, IBM avait dû au final avaler sa fierté et reconnaitre avoir désormais affaire à un concurrent redouble.
IBM bousculé par le cloud
Cette fois-ci, IBM n’est pas seul à critiquer le mode d’attribution des marchés gouvernementaux américains. D’autres prétendants au contrat du Pentagone, dont Microsoft et Oracle, vont dans le même sens. Mais de par son positionnement et son historique, il se considère comme le choix naturel pour ces marchés.
Le développement du cloud est en train de bousculer les acteurs historiques de l’informatique, IBM en tête. En cinq ans, le groupe, dirigé par Ginni Rometty, a perdu le quart de son chiffre d’affaires. S’il bénéficie du cloud en tant qu’équipementier, les clients sont de plus en plus nombreux à le quitter pour aller chez des nouveaux acteurs du numérique comme Amazon Web Services. La Nouvelle République du Centre en est un exemple en France.





