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IBM voit-il le bout du tunnel après six années de marasme ?

Ridha Loukil ,

Publié le

Pour la sixième année consécutive, IBM affiche en 2017 un chiffre d’affaires en baisse. Mais le quatrième trimestre 2017 marque un rebond, le premier en 23 trimestres consécutifs. Un résultat qui laisse espérer une sortie du tunnel.

IBM voit-il le bout du tunnel après six années de marasme ?
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© Lucy Nicholson

IBM est-il sur le point de sortir de la spirale du déclin ? C’est possible. Certes, pour la sixième année consécutive, le numéro un mondial de l’informatique affiche des résultats en berne. Il termine 2017 avec un chiffre d’affaires en baisse de 1% à 79,1 milliards de dollars et un bénéfice net en chute de 52% à 5,8 milliards de dollars. Mais le quatrième trimestre 2017 marque un rebond, le premier en 23 trimestres consécutif, avec une croissance de 4% du chiffre d’affaires à 22,5 milliards de dollars. Un résultat qui laisse espérer une sortie du tunnel.

A un tournant de sa transformation

Le groupe américain, qui emploie 375 000 personnes dans le monde, dont près de 9 000 en France, semble à un tournant important de sa transformation. Bousculé par le digital, il a été contraint de réduire la voilure, sortant de toutes les activités où il estime ne plus disposer de taille critique. C’est ainsi qu’il a vendu en octobre 2014 ses serveurs X86 au chinois Lenovo et transféré en juillet 2015 ses semiconducteurs au fondeur américain GlobalFoundries. Cette cure d’amaigrissement, combinée au recul de ses activités historiques dans les matériels et services, lui a fait perdre le quart de son chiffre d’affaires en 5 ans.

Rien ne semble enrayer l’érosion des services, une activité qui représente plus de 50% du chiffre d’affaires du groupe et qui fait d’IBM la première entreprise de services du numérique au monde, loin devant Accenture ou DXC Technology. La cause réside dans le cloud computing. Une révolution qui pénalise Big Blue à deux titres : il vend moins de matériels et logiciels, et cela le prive en cascade de la vente de services associés, qui font les choux gras de l’entreprise.

Le cloud, axe stratégique

Paradoxalement, la PDG Ginni Rometty fait du cloud l’un de ses cinq piliers stratégiques de croissance, aux côtés de l’analytique / big data, de la mobilité, des réseaux sociaux et de la cybersécurité. Ces cinq leviers de la transformation numérique représentent un chiffre d’affaires de 36,5 milliards de dollars en 2017, en augmentation de 11%. Et l’objectif est d’atteindre 40 milliards de dollars en 2018.

Le cloud constitue le principal moteur de ce développement, avec un chiffre d’affaires affiché dans ce domaine de 17 milliards de dollars en 2017, en bond de 24%. Un chiffre qui inclut toutefois 7,8 milliards de dollars de ventes de matériels, logiciels et services pour la construction de cloud privés, publics et hybrides pour le compte de clients. Le vrai chiffre d’affaires dans le cloud computing atteint 9,3 milliards de dollars, en boom de 35%. Ce qui place Big Blue à la quatrième place mondiale sur ce marché, derrière Microsoft, Amazon et Salesforce, mais devant Google, Oracle ou SAP.

Pari sur Watson

Selon le cabinet Synergy Research, IBM s’impose comme l’un des « Big Four » du cloud d’infrastructure dans le monde. Une position qu’il doit toutefois à sa position de leader dans les segments du cloud privé et hybride, où ni Amazon ni Salesforce ni Google ne sont présents. Dans le cloud public, il reste à la traine et sa stratégie est considérée par le cabinet Gartner comme confuse. Pas simple de migrer vers le modèle cloud. Contrairement à des acteurs du digital comme Amazon, Salesforce ou Google, IBM est contraint à la prudence. En jeu : la survie de ses activités traditionnelles.

Pour rebondir, IBM mise sur l’informatique « cognitive » qu’il présente comme la troisième révolution de l’informatique après celle de l’informatique à carte perforée puis celle à programmation. Au cœur de cette activité figure son moteur d’intelligence artificielle Watson dont il veut faire la colonne vertébrale de ses services dans la santé, l’automobile, la banque, etc. Mais dans ce domaine où il a joué un rôle pionnier, il doit faire face à la concurrence des géants d’internet : Apple avec Siri, Amazon avec Alexa, Google avec Assistant et Microsoft avec Cortana.

Modèle challengé

Certes, IBM détient de sérieux atouts en main : une intégration verticale poussée, un portefeuille important de grands clients, une présence forte dans des secteurs comme la finance et les gouvernements… Mais son modèle reste fortement challengé. Il faudra attendre les résultats de 2018 voire de 2019 pour savoir s’il a réussi sa transformation.

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