Le cloud fait perdre à IBM le quart de son chiffre d’affaires en 5 ans

Pour la cinquième année consécutive, IBM affiche en 2016 des résultats en baisse, alors que ses revenus dans le cloud, le big data ou la mobilité sont en plein boom. En cause : la transition vers le cloud qui affecte négativement ses activités dans les matériels et les services. En cinq ans, elle a fait fondre son chiffre d’affaires d’un quart.

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Le cloud fait perdre à IBM le quart de son chiffre d’affaires en 5 ans
Ginni Rometty, PDG d'IBM, ne parvient pas à enrayer le déclin

IBM ne parvient pas à sortir de la spirale du déclin. Le numéro un mondial de l’informatique a terminé 2016 avec un recul du chiffre d’affaires de 2% à près de 80 milliards de dollars et de 10% le bénéfice net à près de12 milliards de dollars. C’est la cinquième année consécutive de baisse de ses résultats. Depuis le pic de 2011, le groupe, qui emploie 375 000 personnes dans le monde, dont près de 9000 en France, a perdu le quart de son revenu.

Cession de plusieurs activités

Certes, une partie de la contraction est due à la cession d’activités, comme celle des serveurs X86 vendue en octobre 2014 au chinois Lenovo ou celle des semiconducteurs transférée au fondeur américain GlobalFoundries en juillet 2015. Big Blue pâtit également des fluctuations monétaires et de l’appréciation du dollar vis-à-vis d’autres devises comme l’Euro ou le Yen. Mais le principal responsable de cette morosité tient dans un mot : le cloud, un modèle qui est en train de transformer l’industrie informatique, pénalisant tous ses acteurs traditionnels et tout particulièrement le premier d’entre eux, IBM.

Pourtant, le groupe, dirigé par Ginni Rometty, fait du cloud l’un de ses cinq piliers stratégiques de développement, aux côtés de l’analytique et du big data, de la mobilité, des réseaux sociaux et de la cybersécurité. Ces cinq leviers de la transformation numérique représentent un chiffre d’affaires de 32,8 milliards de dollars en 2016, en augmentation de 14%. Et l’objectif est d’atteindre 40 milliards de dollars en 2018.

L'un des "Big Four" du cloud dans le monde

Le cloud constitue le principal moteur de ce développement, avec un chiffre d’affaires affiché dans ce domaine de 13,7 milliards de dollars en 2016, en bond de 35%. Un chiffre qui inclut toutefois les ventes de matériels, logiciels et services pour la construction de cloud privés, publics et hybrides pour le compte de clients. IBM ne publie pas son vrai chiffre dans le cloud au sens strict du terme. Nous l’estimons aux environs de 7 milliards de dollars, en boom de 55%. Ce qui place Big Blue à la quatrième place mondiale sur ce marché, derrière Microsoft (13 milliards de dollars selon nos estimations), Amazon (12 milliards de dollars) et Salesforce (9,5 milliards de dollars), mais devant Google (4 milliards de dollars) et Oracle (3,5 milliards de dollars).

IBM s’impose comme l’un des « Big Four » du cloud dans le monde. Une position qu’il doit surtout à sa place de numéro un dans les segments du cloud privé et hybride, où ni Amazon ni Salesforce ni Google ne sont présents. En 2016, il a subi l’affront d’être déclassé par Gartner au rôle d’acteur de niche dans le cloud d’infrastructure (IaaS pour infrastructure as a service), au niveau d’acteurs de second couteau comme Fujitsu, Rackspace ou CenturyLink. Le cabinet d’étude de marché lui reproche une stratégie confuse.

Cercle vicieux de la transition vers le cloud

Car IBM tente de se ménager en développant son cloud tout en évitant de déstabiliser ses activités traditionnelles. Vendre plus de cloud, c’est vendre moins de matériels et moins de logiciels sous forme de licence, et donc moins de services aussi. Un cercle vicieux qui se traduit cruellement dans les résultats par un plongeon de 22% des ventes de matériels (serveurs) et de 3% celles des services. La transition vers le cloud est également compliquée financièrement puisqu’elle fait passer à un modèle de vente d'abonnements qui met à rude épreuve le chiffre d’affaires et la trésorerie pendant de longues années. Mais elle s'avère bénéfique sur le long terme avec un modèle vertueux de revenus récurrents, plus robuste que le modèle traditionnel face aux aléas économiques.

IBM devra patienter encore avant de récolter les fruits de sa transformation. Selon les analystes, l’érosion du chiffre d’affaires va se poursuivre avec de moins en moins d’ampleur. La stabilisation est attendue entre 2018 et 2020. Le chemin de la transition vers le cloud est long et difficile.

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