Un nouveau laboratoire pour doper la mobilité des robots et des drones. «La robotique est un sujet complexe, explique d’emblée David Filliat, directeur de recherche à l’Amiad. Il faut expérimenter pour aboutir à une plateforme fonctionnelle.» D’où la création du Lariad, pour laboratoire robotique et l’IA de défense, annoncé le 18 février. Ce laboratoire commun entre l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (Amiad) et l’École nationale supérieure de techniques avancées (ENSTA) «formalise» une collaboration déjà existante entre les partenaires, comme le précise David Filliat.
Le Lariad n’a pas de budget dédié, il fonctionne par la mise en commun de moyens. «L’Amiad dispose de compétences sur la partie recherche, l’embauche de doctorants et le développement de l’IA, mais pour les moyens expérimentaux ouverts à la recherche nous devons nous associer avec d’autres structures», souligne David Filliat. Le Lariad pourra utiliser les moyens de calculs dont dispose l’Amiad. Une aubaine pour développer et entraîner des algorithmes d’IA. De son côté, au-delà des chercheurs, l’ENSTA apporte ses plateformes de robotique et de drones pour tester les appareils en conditions réelles.
Mobilité tout-terrain
Du côté des robots, le sujet principal est la navigation terrestre tout-terrain. Pour cela, il faut mettre au point des algorithmes d’apprentissage et de perception grâce auxquels un robot analyse son environnement et la zone à traverser. Sur ce sujet, deux approches sont menées en parallèle. «Une classique avec différents modules de cartographie et de détermination des trajectoires, détaille David Filliat. Et une approche basée sur l’intelligence artificielle et les algorithmes de vision-langage-action (VLA). Ces modèles principalement utilisés pour la manipulation sont aussi intéressants pour la navigation.»
Pour éprouver leurs recherches, les partenaires pourront tester les algorithmes sur un robot à roues de 500 kilos et sur un plus petit, à roues toujours, d’une cinquantaine de kilos. Ce dernier est plus typique des appareils manipulés dans les laboratoires de recherche. Et pourquoi pas, à terme, un robot à pattes – dont l’acquisition fait partie des projets de l’Amiad.
Des opérations de recherche et sauvetage
Du côté des drones, les recherches restent pour l’instant balbutiantes. Elles sont tournées vers l’exploration et la cartographie pour des actions de recherche, de sauvetage et d’exploration semi-autonome dans des environnements sans réseau. Les équipes travaillent principalement en simulation, mais «lorsque la volière de l’ENSTA sera terminée, l’année prochaine, des expérimentations seront menées là-bas», glisse David Filliat. Car l’école construit une volière pour drones. L’occasion rêvée de tester ces appareils et leurs algorithmes embarqués dans un espace dispensé des contraintes légales liées aux expérimentations dans les lieux publics.
A terme, des synergies entre les drones et les robots terrestres pourraient voir le jour. Par exemple, des modèles de VLA utilisés sur les robots terrestres pourraient aider les drones volant proches du sol à éviter des obstacles. A l’inverse, un drone volant pourrait aussi aider un robot terrestre à naviguer.
Structuration de la recherche en robotique
En parallèle, un PEPR robotique vient d’être inauguré avec une forte composante robotique et IA auquel participe David Filliat. L’idée du partenariat entre l’ENSTA et l’Amiad n’est pas de mener des recherches uniquement entre eux, mais d’échanger et de partager avec le reste de la communauté scientifique, assure-t-il. Que ce soit à travers la publication des travaux sur les logiciels et simulations, ou des discussions avec les membres de ce PEPR ou d’autres acteurs. De quoi aider à structurer la recherche sur l’IA et la robotique.




