La bonne dynamique des start-up industrielles en France ne s'enraye pas, en ce début 2025. Au contraire, les jeunes pousses de la «French Fab» ont ouvert davantage de démonstrateurs, lignes pilotes et premières usines qu'au premier semestre 2024, selon les données de Bpifrance publiées en avant-première par L'Usine Nouvelle. «Le nombre d'inaugurations a plus que doublé sur un an», se félicite Paul François Fournier, directeur exécutif innovation de la banque publique d'investissement.
De 14 usines au premier semestre 2022, 24 en 2023, 14 en 2024, on passe à 32 de janvier à juin 2025 (22 de janvier à mars selon le bilan révisé de Bpifrance, 10 d'avril à juin). C'est presque le total de l'année 2024 (38 ouvertures) réalisée en un seul semestre. Après une année 2024 plus calme (marqué par l'instabilité politique dès le deuxième semestre), c'est un retour au rythme d'ouvertures constaté en 2023, marqué par 60 créations de sites.
Dans un contexte économique compliqué pour les start-up, qui ont davantage de difficultés à lever des fonds et qui voient chuter certains de leurs marchés clés, comme la chimie, l'automobile ou l'hydrogène (l'exemple récent de McPhy en atteste), c'est une très bonne nouvelle. Les start-up semblent s'en sortir un peu mieux que l'économie française dans son ensemble : le bilan exclusif de L'Usine Nouvelle des ouvertures et fermetures d'usines est nettement moins positif. L'industrie verte (économie circulaire, énergie, reconditionnement) est bien représentée parmi les nouveaux sites.
Mais attention : pour préserver cette dynamique, il va falloir redonner confiance aux investisseurs, notamment étrangers, que l'instabilité politique et les difficultés budgétaires de la France semblent effrayer. Le sujet du financement est la clé des prochains mois. «Au premier semestre, plus de 360 millions d'euros levés auprès de fonds d'investissement ont été nécessaires à ces 32 startups pour réaliser ces inaugurations. Pour maintenir cette dynamique, nous devons continuer d'attirer de nouveaux fonds d'investissement axés sur la thèse de l'industrialisation», souligne Paul François Fournier.





