C’est l’aboutissement d’un chemin tortueux. Et le début d’une longue marche. En présentant sa première puce quantique, Microsoft signe une victoire. Car le géant n’a pas choisi la voie la plus simple. Quand la concurrence explore les qubits supraconducteurs, les atomes froids ou les photons, lui s’est tourné vers une particule dont l’existence a été théorisée il y a plus de quatre-vingts ans mais jamais prouvée : les fermions de Majorana, censés permettre la fabrication de qubits dits topologiques.
Un chemin tortueux
Mais après deux publications dans «Nature», en 2012 et 2018, portant l’espoir d’un prix Nobel, est venue la controverse. Des données contradictoires mises de côté, des graphiques recadrés... Les chercheurs auraient inconsciemment omis certaines contradictions. Fait rare, une note de rétractation est publiée. Silence radio... jusqu’au 19 février 2025, lors de la présentation de Majorana 1, sa puce quantique porteuse d’immenses promesses. Son architecture topologique devrait permettre « de réaliser des calculateurs quantiques capables de résoudre des problèmes d’intérêt, à l’échelle industrielle, dans quelques années et non décennies ». Dotée de 8 qubits, la puce utilise un matériau topoconducteur, qui fait naturellement rempart contre les erreurs quantiques, selon Microsoft. Qui prévoit de loger 1 million de qubits sur une puce... sans fixer d’échéance.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3741 - Avril 2025





