Les quatre dates à surveiller en 2019 à l'international pour l'économie

Des incertitudes politiques pèsent sur les perspectives d’activité pour 2019. Et pourraient accentuer le ralentissement économique déjà engagé.

Commission européenne Bruxelles
Des incertitudes politiques pèsent sur les perspectives d’activité pour 2019.

Les menaces s’accumulent sur la croissance mondiale. Déjà forts en 2018, les risques politiques continuent de peser et pourraient accentuer le ralentissement économique prévu pour l’an prochain.

21 janvier : Londres au pied du mur sur le Brexit

Deux ans et demi après le référendum de juin 2016, lors duquel 52 % des Britanniques avaient opté pour une sortie de leur pays de l’Union européenne, le moment fatidique du Brexit se rapproche. Selon les textes européens, le Royaume-Uni cessera d’appartenir au

marché unique et à l’Union européenne le 29 mars à minuit. Mais quelles règles s’appliqueront le lendemain pour le transport des marchandises franchissant la Manche et pour les salariés britanniques exerçant en France ? A moins de 100 jours de la date butoir, le brouillard sur la relation future reste toujours aussi épais. Une première réponse devrait être donnée au plus tard le 21 janvier.

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Après un premier report du vote, les parlementaires britanniques doivent se prononcer d’ici là sur l’accord négocié entre Londres et Bruxelles qui prévoit une période de transition de deux ans pour finaliser tous les détails. En cas de « non » de Westminster, Londres s’orienterait vers un Brexit dur, aux conséquences beaucoup plus périlleuses pour les entreprises. Sauf si, dernière possibilité, un second référendum est organisé d’ici là. Le scénario, combattu vigoureusement par Theresa May, paraissait improbable il y a encore quelques mois. Désormais, tout semble ouvert.

30 mars : ultimatum pour la trêve entre la Chine et les Etats-Unis

Cette trêve-ci va-t-elle durer ? Au G20 de Buenos Aires fin novembre, Donald Trump et Xi Jinping ont amorcé la désescalade. Les taxes américaines de 25 % qui devaient s’appliquer sur 200 millions de dollars d’importations chinoises au 1er janvier ont été suspendues, mais pour 90 jours seulement. Si les efforts chinois pour répondre aux exigences américaines ne sont pas jugés suffisants, le couperet pourrait à nouveau tomber le 30 mars.

Jusqu’à présent, le commerce mondial a certes bien résisté aux tensions protectionnistes entre les deux géants de l’économie mondiale. De façon paradoxale, la guerre commerciale a profité aux exportateurs des deux camps. Anticipant les droits de douane à venir, les importateurs se sont dépêchés de gonfler leurs stocks, ce qui a soutenu les exportations américaines et chinoises depuis l’été 2018.

Mais la dynamique s’épuise pour 2019. Les Européens devraient aussi éprouver rapidement la volonté de dialogue de l’administration Trump. En échange de l’éloignement des menaces pour l’automobile européenne, les Européens avaient accepté d’engager des discussions, à partir de février, sur une suppression des droits de douanes sur les produits industriels. Ils n’ont pour l’instant aucun retour.

26 mai : Elections européennes sous haute tension

Deux mois après le Brexit, les résultats des élections européennes vont constituer un vrai test pour l’Union européenne, dans un contexte de ralentissement économique. La montée des populismes et de l’euroscepticisme sur le continent pourrait bouleverser les équilibres à Bruxelles. Les élections européennes marquent le début du grand mercato au sein des institutions européennes : les chefs d’Etat vont désigner en juillet le successeur du luxembourgeois Jean-Claude Juncker. Dans la foulée, les 27 Etats-membres devraient désigner chacun leur commissaire européen, avant de procéder au grand marchandage de l’attribution des postes au sein de la nouvelle Commission, intronisée fin octobre. Les négociations entre capitales européennes sont aussi intenses pour trouver un remplaçant à Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, qui termine son mandat de huit ans en octobre également. 

10 décembre : l’OMC en sursis

Alors que les Etats-Unis bloquent toutes les nominations au sein de l’organe de règlement des différends de l’OMC depuis deux ans, le système devrait se trouver définitivement bloqué le 10 décembre. Les mandats de deux des trois derniers membres restant de la cour d’appel arrivent à échéance à ce moment-là, empêchant le « tribunal » de l’OMC de trancher les disputes commerciales entre Etats, mettant en péril le multilatéralisme dans son ensemble. Pour sauver le soldat OMC, l’Europe planche sur un mécanisme de substitution.

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