L’Insee table sur une croissance poussive en 2019

Le 13 décembre, l'Insee a révélé ses dernières prévisions pour la croissance. Après une hausse de 1,5% du PIB en 2018, l’institut de conjoncture anticipe un ralentissement en 2019, malgré les mesures de soutien au pouvoir d’achat débloquées par le gouvernement.

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L’Insee table sur une croissance poussive en 2019
L'Insee a révélé ses dernières prévisions pour la croissance en 2019.

Plus vraiment d’élan. Pour 2018, la croissance française n’aura été que de 1,5% selon les dernières prévisions de l’Insee révélées le 13 décembre. Et aucune accélération n’est à attendre en 2019 pour l’institut de conjoncture qui table sur une hausse du PIB de 0,4% au premier trimestre puis 0,3% au deuxième trimestre. De quoi assurer un acquis de croissance de 1% seulement à l’été 2019. Résultat : "Si le PIB progressait de +0,4% aux deux derniers trimestres, la croissance atteindrait 1,3% sur l’année", décrypte Frédéric Tallet, le chef de la section synthèse conjoncturelle de l’Insee.

D’où vient ce coup de froid ? Le mouvement des gilets jaunes a coûté 0,1 point à l’économie, estime l’Insee qui a bouclé ses prévisions le 13 décembre après la présentation des mesures du gouvernement en faveur du pouvoir d’achat. Mais il n’est pas le seul responsable. Le moral des industriels comme des ménages avait commencé à s’affaisser avant. Et le ralentissement est généralisé dans la zone euro. "L’activité est proche du potentiel, le mouvement de rattrapage après la crise de 2008 s’estompe", souligne Julien Pouget chef du département conjoncture de l’Insee, alors que l’Allemagne a vu son PIB reculer au troisième trimestre.

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La consommation, principal aléa

Le principal moteur devrait venir du pouvoir d’achat. La hausse de la prime d’activité, la baisse de la CSG pour les retraités modestes et la défiscalisation des heures supplémentaires devraient se traduire par une hausse de 0,5 point du revenu disponible des ménages. Comme l’Insee n’anticipe pas de remontée des prix du pétrole à court terme, du fait de l’excès d’offre sur les marchés pétroliers, le pouvoir d’achat devrait augmenter nettement, avec un acquis de 2% à mi-2019, plus qu’en 2018 (+1,4% sur l’année). Reste à voir cependant comment ce sursaut de pouvoir d’achat se traduira dans le comportement des ménages. Au dernier trimestre 2018, l’amélioration du pouvoir d’achat a surtout alimenté un rebond du taux d’épargne plus que des dépenses de consommation et le moral des ménages reste au plus bas. "C’est le principal aléa de notre prévision " reconnait Julien Pouget.

Du côté des entreprises, les moteurs commencent à s’essouffler aussi. L’investissement des entreprises devrait continuer à progresser de + 0,6 % par trimestre jusqu’à l’été. Mais le rythme est plus faible qu’en 2018 et 2017. La production industrielle faute de déboucher devrait stagner au premier semestre. Quant au commerce extérieur, il devrait une nouvelle fois peser négativement sur l’activité.

Conséquence : les entreprises ne devraient créer que 64 000 emplois au premier semestre 2019, après 107 000 emplois en 2018. Et ce malgré la transformation du CICE en baisse de charge qui pourrait se traduire par 30 000 créations d’emplois supplémentaires en 2019, à cause de l’effet de la bascule sur la trésorerie des entreprises. Dans l’industrie, les effectifs devraient repartir dans le rouge. Après avoir créé des emplois entre mi-2017 et mi-2018, le secteur devrait à nouveau supprimer 7 000 emplois début 2019. L’intérim devrait aussi perdre des emplois.


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