Où en est la réindustrialisation ? Alors que le gouvernement fait de la politique industrielle une de ses priorités – et n’hésite pas à mobiliser des crédits d’impôt massifs pour développer des sites de production dans les technologies vertes – le ministère de l’Economie cherche à quantifier l’ampleur du retour de l’industrie. Entre 1995 et 2017, la part de l’industrie a reculé de 17% à 11% du PIB et 900000 emplois manufacturiers ont été perdus.
De nouveaux indicateurs pour quantifier la réindustrialisation
«Les indicateurs traditionnels font ressortir que le mouvement de désindustrialisation s’est interrompu au milieu des années 2010 et qu’une dynamique de réindustrialisation s’est amorcée», souligne la Direction générale des entreprises (DGE), qui y consacre une étude. Mais la mesure de la réindustrialisation reste délicate, reconnaît Bercy. Selon l’Insee, l’industrie manufacturière a recréé depuis 2017 130000 emplois nets, dont 28 000 l’an dernier, mettant fin à un long mouvement de baisse.
Depuis mars, le ministère de l’Economie s’est doté d’un baromètre pour suivre les ouvertures et les fermetures d’usines effectives chaque année, ainsi que les extensions de capacité importante, comme celui que réalise L’Usine Nouvelle depuis plusieurs années. En 2023, celui-ci indique 201 ouvertures et extensions de sites industriels, «nettes» des fermetures de sites en France.
Un rebond plus marqué et plus précoce de l'emploi dans les métiers industriels
Pour mieux identifier le retour des usines, le ministère a mis en place deux nouveaux indicateurs. Le premier suit l’évolution de l’emploi dans les métiers industriels afin de répondre au constat que «la frontière entre l’industrie et les services a tendance à se brouiller». Contrairement aux statistiques de l’emploi industriel de l’Insee, qui comptabilise tous les emplois des entreprises du secteur, Bercy tient compte des emplois correspondant à des métiers industriels réalisés dans des entreprises de services, que soit dans la logistique, mais aussi les ingénieurs de bureaux d’études externalisés ou des techniciens par exemple de contrôle qualité dans le commerce.

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«Une partie de la baisse de l’emploi dans l’industrie est liée à l’externalisation de certaines activités de services», rappelle la DGE, qui pointe que 60% des métiers industriels seulement se trouvent dans l’industrie. A l’inverse, les emplois correspondant à des métiers non-industriels, comme le marketing ou le numérique, au sein des entreprises industrielles ont été exclus du périmètre.
Cet indicateur des métiers industriels «fait apparaître un phénomène de réindustrialisation plus marqué et plus précoce que les indicateurs d’emploi industriel traditionnels», pointe Bercy dans son étude, avec un rebond du nombre d’emplois dans les métiers industriels de 2,5% entre 2015 et 2019, soit 75000 emplois.
«L’indicateur traditionnel d’emploi dans l’industrie fait plutôt apparaître un rebond de l’emploi industriel autour de 2017-2018, avec une progression jusqu’en 2019 plus faible de 33000 emplois salariés nets supplémentaires entre 2017 et 2019, soit une hausse de 1% », pointe l’étude. En 2022, Bercy estime à 108000 emplois nets le nombre d’emplois dans les métiers industriels créés, contre + 32000 emplois dans le seul secteur industriel au sens de l’Insee.
Une hausse du nombre d'usines
Autre indicateur : Bercy s’est lancé dans une estimation du nombre des usines sur le territoire, définies comme des sites dont au moins 50% des salariés sont des techniciens ou des ouvriers des métiers industriels. A nouveau, l’estimation pour 2022 et 2023 «fait ressortir une reprise de la dynamique de réindustrialisation en sortie de crise», se félicite Bercy.
Avec 16520 usines estimées en 2023 (hors centres de R&D), la France comptait environ 200 usines de plus qu’en 2019 avant la pandémie de covid et 500 de plus qu’en 2016. Le nombre d’établissements industriels se rapprocherait de son niveau de 2015, selon les chiffres de Bercy. De quoi contrebalancer, selon le ministère, les analyses moins optimistes de certains économistes sur l'ampleur du retour des usines.





