La 5G continue d’intriguer. Faut-il l’adopter ? Comment ? Pour quels usages ? Quel retour sur investissement en attendre ? Autant de questions auxquelles Global Industrie a apporté des réponses à l’occasion d’une journée dédiée.
Alcatel Submarine Networks (ASN) a démarré le déploiement de la 5G privée en 2021 et le poursuit encore. L’entreprise française de fabrication et pose de câbles sous-marins s’est lancée pour avoir «des fondations solides» afin de «mettre en place une stratégie de long terme de transformation numérique touchant les processus de fabrication et la supply chain en France et en Angleterre», selon Christophe Bejina, son directeur des systèmes d’information. Une façon de s’assurer que l’infrastructure ne soit pas un frein à la mise en place d’innovations auxquelles les équipes n’ont pas encore pensé.
ASN a installé 65 antennes sur deux sites et en installe 15 autres pour achever de couvrir le campus de Greenwich, près de Londres. Une vingtaine de cas d’usage en production ou en test sont menés. À Greenwich, ils concernent surtout l’utilisation de robots connectés bénéficiant de la faible latence de la 5G. À Calais (Pas-de-Calais), ils sont variés : objets connectés pour le contrôle des ressources critiques, monitoring de la consommation énergétique, connectivité des portables et tablettes pour certifier les produits… « Le problème n’est plus de trouver des cas d’usage, mais de gérer la demande », se réjouit Christophe Bejina.
Le contrôle du remplissage des 130 cuves de stockage des câbles reste la plus importante utilisation de la 5G. «Lorsqu’elles sont pleines, toute la production s’arrête et les pertes se chiffrent aux alentours de 10 à 15 millions d’euros sur une journée», souligne le directeur des systèmes d’information. Désormais des capteurs mesurent en temps réel le taux de remplissage. Sans la 5G, il aurait fallu tirer des câbles pour les connecter car la Wi-Fi ne fonctionne pas dans les cuves métalliques. Avec ce seul cas d’usage, l’investissement de 1 million d’euros dans le réseau 5G a été absorbé. À moyen terme, ASN ambitionne de faire converger toutes les communications vers ce réseau, qu’elles soient critiques, privées entre salariés ou effectuées par talkie-walkie. Christophe Bejina évoque «un gain supplémentaire, puisque des dépenses de l’ordre de 100 000 euros par an vont disparaître».
Un gain financier réel
La SNCF a aussi lancé le déploiement d’un réseau privé 5G en 2020. «Nous avons beaucoup investi pour numériser les processus, que ce soit l’ordonnancement des tâches, le suivi de la production, la gestion des stocks, se remémore Matthieu Renault, son responsable de la 5G industrielle. Mais cela a été fait sans penser à la connectivité.» Pour l’améliorer, la 5G est préférée au Wi-Fi car elle est plus rentable «dès huit sites équipés», précise-t-il. Les Technicentres, composés d’espaces extérieurs pouvant atteindre 20 hectares, sont les premiers sites connectés pour «réduire les pertes liées à un manque de connectivité», explique le spécialiste. Le gain financier est réel. En cas de coupure du réseau, la remise en service du train pouvait être retardée et l’impact se chiffrer à «des centaines de milliers d’euros», selon Hacene Lahreche, le directeur connectivité pour la transition numérique de la SNCF.
D’autres applications comme le contrôle du niveau de serrage des pièces et la vérification de la fermeture de l’ensemble des trappes avant la remise en service, sont en cours de déploiement. Comme chez ASN, il faut désormais prioriser les cas d’usage.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3741 - Avril 2025





