Des arabesques aux formes arrondies et finement découpées décorent une planche qui une fois mise en forme servira d’emballage. Située à Neuville-aux-Bois (Loiret), l'usine DS Smith fabrique des feuilles de carton ondulé et d’autres de carton plat qui arborent des géométries d’une impressionnante précision. «On peut découper ce que l’on veut avec une finesse de l’ordre du nanomillimètre», s’émerveille Armand Chaigne, directeur général de l’activité Consumer France du cartonnier britannique.
Le résultat est l’œuvre de Beam3, une ligne de découpe et de rainage numérique utilisant trois têtes lasers. La machine a été livrée l’été dernier par le fabricant israélien Highcon. Le cartonnier qui a investi entre 2 et 3 millions d’euros, est le premier au monde à s’en équiper. Le site du Loiret fait office de pilote pour le groupe qui possède plus de 350 usines dans le monde. Si la technologie n’est pas nouvelle (la première génération de machine remonte à une dizaine d’années), DS Smith juge que c'est maintenant que l’équipement fournit tous les gages de fiabilité. Il doit lui permettre de proposer de nouveaux produits pour les marchés des vins et spiritueux, de l’agroalimentaire, des parfums et cosmétiques et de l’industrie.
Des petits séries désormais envisageables
DS Smith a fait l’acquisition de Beam3 après deux ans de réflexion. «C’est un moyen de répondre à la tendance actuelle de baisses de la demande, explique Armand Chaigne. Il y a une forte volatilité dans les modes de consommation. Les attentes changent très vite. Jusqu’à présent, c’était l’impression qui permettait le décor. Là, c’est la découpe qui permet la différenciation.»
Le potentiel serait considérable pour les industriels de l’agroalimentaire qui envisagent la technologie afin de créer des ouvertures faciles, en remplacement des bandes d’arrachage plastique de type Tircel. L’équipement doit aussi permettre des productions réduites jusqu’ici impossibles faute de rentabilité.
DS smith L'équipement permet de réaliser des décors ouvragés ressemblant à des arabesques, des marquages, voire même d'assouplir le carton pour du calage.
Important gain de temps et de matière
À quelques mètres des autoplatines qui créent des découpes et des marques de pliages dans le carton, la Beam3 réclame une dizaine de minutes de réglage contre une trentaine pour les traditionnelles presses de découpe à plat. La gâche est aussi considérablement réduite. DS Smith évoque une dizaine de plaques contre une centaine. «On économise de 7 à 20 jours (temps de production de l’outillage par une entreprise extérieure), et jusqu’à 2000 euros».
Laurent Rousselle Outre la créativité, la machine confère à l'usine de DS Smith la possibilité de produire des petites séries de 10 à 15000 exemplaires.
En 2023, le site de Neuville-aux-bois a réalisé 26 millions de chiffre d’affaires. Le groupe, lui, a revendiqué un chiffre d’affaires global de 6,8 milliards d’euros. D'ici à quelques mois, DS Smith devrait avoir rejoint le groupe américain International Paper (IP) après une offre d’achat lancée en avril 2024. Les deux groupes, respectivement numéro quatre et numéro deux de l'industrie du papier-carton, devraient donner naissance à un ensemble de quelque 28 milliards de dollars de chiffre d’affaires.





