L’opérateur énonce l’ordre à la station de contrôle. «Déplacement 40 mètres au sud, 40 mètres à l’est». Presque aussitôt, le groupe de six drones du fabricant français Parrot se déplace, tout en fluidité. Ils étaient jusque-là capables d’obéir au doigt et à l’œil. Les essaims de drones de combat sont désormais en mesure de suivre des ordres dictés par la parole. Thales a fait la démonstration de cette innovation sur la base d’essais de Brétigny-sur-Orge (Essonne), un mois avant sa présentation officielle au salon de l’aéronautique et de l’espace, organisé au Bourget du 16 au 22 juin.
Le pilotage de drones par la voix humaine promet de simplifier l’utilisation de ces nuées d’engins autonomes qui devraient peu à peu s’inviter dans les zones de conflits, pour l’observation et la destruction de cibles. Cette fonctionnalité constitue l’une des principales nouveautés du programme d’essaim de drones de Thales, dénommé Swarm Master et dévoilé en octobre 2024. Arrivés à un stade avancé de leur développement, ces bataillons d’aéronefs sans pilotes développés par le groupe de technologies sont dopés à l’intelligence artificielle (IA). Et pourraient entrer en phase de commercialisation dès 2026.
Un pilotage ultra simplifié
Comment fonctionne ce pilotage de nouvelle génération ? «L'opérateur exprime sa mission en langage naturel, détaille Eric Lenseigne, vice-président en charge du développement des drones de combat chez Thales. Puis, le système lui propose une formulation structurée, écrite sur un écran.» Après validation, l'ordre est transcrit en code informatique – un processus qui fait appel tout du long à des algorithmes d’IA. De pilote, l’opérateur devient ainsi superviseur de mission.
Ce pilotage par la voix promet de réduire drastiquement la charge cognitive pour les télépilotes. De quoi séduire certaines armées où le manque de spécialistes du pilotage de drones peut se faire sentir. L’offre pourrait ainsi contribuer à faciliter l’usage des essaims, permettant d’assurer des attaques saturantes vis-à-vis de l’ennemi, le mettant en incapacité de réagir. «Nous avions présenté l’an dernier une version préliminaire de notre solution, mais notre système fonctionne de manière plus fluide, il est devenu plus opérationnel», assure Eric Lenseigne. D’autres acteurs planchent aussi sur le pilotage de drones par la voix, telle que les américains Primordial Labs, Darkive ainsi que le géant RTX.

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L'intelligence artificielle au coeur du système
Outre la commande vocale, Thales a mis au point toute une batterie de technologies pour rendre ces essaims de drones efficaces sur le terrain. Résistants au brouillage électromagnétique, les drones sont dotés d’une bonne dose d’autonomie : ils perçoivent et analysent leur environnement proche, détectent automatiquement la nature des objets (engins et humains), partagent des informations sur leurs cibles, s’adaptent aux aléas, s’intègrent à des systèmes de combat collaboratif et peuvent même hiérarchiser leurs missions, voire tenter d’anticiper les intentions de l’ennemi. «L’autonomie, c’est la clé des essaims de drones, résume Eric Lenseigne. Mais nous contrôlons cette autonomie via des règles définies avant chaque mission.»
Alors que des démonstrations de ses essaims de drones ont déjà été effectuées pour l’armée française, Thales espère aussi conclure des contrats à l’export prochainement. «Nous serions tout à fait intéressés à ce que l’armée ukrainienne se tourne vers nous», confie Eric Lenseigne. Le groupe d’électronique et de défense ne compte pas développer et fabriquer ses propres essaims de drones. Son offre se situe au niveau logiciel, laquelle peut s’adapter à tous types d'engins. Soit directement par la vente de logiciels, soit par la livraison de drones – fabriqués par des tiers – équipés de sa solution, qui peut être adaptée selon les besoins de chaque client. Ces essaims pourraient être constitués de plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de drones.





