Touché par la crise, Thales compte sur ses activités de sécurité et ses clients publics

Le groupe de défense et d’électronique Thales enregistre une baisse de 15% de ses commandes au premier trimestre, hors acquisition de Gemalto. L’impact de la crise risque d’être encore plus marqué pour les prochains mois.

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Le PDG de Thales, Patrice Caine, s'attend à un impact fort de la crise sur les résultats du groupe pour le second semestre.

"Dans cette période de tempête, le bateau Thales est solide". C’est ce qu’a affirmé Patrice Caine, le PDG du groupe d’électronique et de défense, lors de la présentation des résultats du premier trimestre, mardi 28 avril. De fait, les résultats de Thales semblent résister malgré la crise provoquée par l’épidémie de coronavirus, notamment grâce aux activités de Gemalto consolidées depuis avril 2019. Le groupe a enregistré une hausse de ses prises de commandes de 17% (-15% sans Gemalto) et de son chiffre d’affaires de 16%, à 3,9 milliards d’euros (-4,7% sans Gemalto).

"L’impact est encore modéré pour le premier trimestre", a assuré Patrice Caine. Comment l’expliquer alors que le secteur aéronautique, et Airbus en premier chef, s’attend à vivre la crise la plus forte de son histoire ? "Ce segment représente environ 12% de notre chiffre d’affaires, soit 2,1 milliards d’euros", a détaillé Patrice Caine. In fine, Thales estime que les perturbations provoquées par l’épidémie, pour le premier trimestre, représentent 190 millions d’euros, dont 80 millions d’euros du côté de l’aéronautique civil.

La chasse aux coûts

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Mais le dirigeant de Thales ne se fait pas d’illusions. "Nous nous attendons pour le second semestre à un impact à la fois fort et durable." D’abord à cause de la baisse de la demande attendue sur plusieurs segments de marchés et de l’incapacité de certains clients à réceptionner leurs produits, mais aussi en raison de la réduction de la productivité des usines du groupe. Comme tous les industriels, Thales effectue un exercice d’équilibrisme pour garder ses sites opérationnels, malgré les mesures de confinement et les règles sanitaires, tout en minimisant l’impact financier de la crise.

En France, la moitié des salariés, soit environ 20 000 personnes, sont concernés à des degrés divers par des mesures d’adaptation, autrement dit de "l’activité partielle". Tous ont accès aux équipements nécessaires pour assurer la sécurité nécessaire (masques, gel…). Mais tout dépend du niveau de confinement imposé dans chaque pays. "On peut dire que la productivité de nos sites est plus fortement impacté dans les pays du sud de l’Europe que dans ceux du nord de l’Europe", a résumé Patrice Caine. En Chine et à Singapour, les usines de Thales tournent quasiment à la normale.

Ce n’est pas tout. Thales tente par tous les moyens de réduire les coûts. Gels de projets non prioritaires, réductions des dépenses discrétionnaires (voyages, consultants…), gel des embauches considérées comme non essentielles, réduction massive du recours à l’intérim… Autant de leviers, limitant les sorties de cash, comprises dans le plan d’adaptation du groupe mis en œuvre depuis le 7 avril.

Solidarité au sein de la filière

Malgré les sources d’inquiétudes, le dirigeant affiche une certaine confiance. "La demande finale en matière de défense, de sécurité et de cybersécurité n’a pas bougé pour le moment, a affirmé Patrice Caine. Nous sommes en outre positionnés sur des marchés très diversifiés, et ce dans de nombreuses régions du monde, et nous avons bien souvent pour clients des gouvernements ou des acteurs publics, qui sont donc robustes. Quant aux besoins en transports décarbonés et en sécurité civile, ils ne devraient pas être affectés, bien au contraire."

La filière aéronautique va-t-elle jouer la carte de la solidarité pour éviter les cas de faillites ? "Elle est en train de se mettre en place au sein du groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS), a soutenu Patrice Caine. Je n’ai pas à ma connaissance de cas de défaillance dans la filière. Mais les donneurs d’ordre, dont Airbus, Thales et les grands équipementiers, ainsi que les pouvoirs publics, comprennent qu’il en va de leur responsabilité et de leur intérêt, pour faire en sorte que la chaîne d’approvisionnement dans son ensemble soit capable de relancer la production en temps voulu. Il reste à voir comment cette solidarité va s’organiser." Car le tempête que traverse le secteur n’a pas fini de secouer le secteur aéronautique.

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