Toshiba, un groupe japonais diversifié présent dans un large spectre d’activités, des semi-conducteurs jusqu’aux centrales nucléaires, en passant par les trains, les ascenseurs, les systèmes d’impression, les caisses enregistreuses, les batteries ou encore les disques durs, confirme le 9 novembre 2021 les informations publiées par la presse nipponne selon lesquelles il envisage de se scinder en trois sociétés indépendantes cotées séparément en Bourse.
Il précise toutefois qu’aucune décision n’est prise à ce jour et que cette piste n’est qu’une des options stratégiques actuellement à l’étude pour maximiser la valeur de l’entreprise en Bourse.
Parmi les autres options sur la table figure la sortie de la Bourse, une solution explorée sans succès par l’ancien PDG Nobuaki Kurumatani avec le soutien du fonds d’investissement britannique CVC Capital Partners.
Septième électronicien du Japon

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Fondé en 1875 près de Tokyo pour fabriquer au Japon l’ampoule électrique, Toshiba est devenu l’un des groupes japonais d’équipements électriques et électroniques les plus diversifiés, comparable à General Electric aux Etats-Unis et Philips en Europe (jusqu'au milieu des années 2000). Il compte 117 500 salariés dans le monde et affiche un chiffre d’affaires de 3 trillions de yens, l’équivalent de 23,4 milliards d’euros, ce qui en fait le septième constructeur électrique et électronique japonais par le chiffre d’affaires, derrière Hitachi, Sony, Panasonic, Mitsubishi Electric, Fujitsu et Canon selon les calculs de L'Usine Nouvelle.
L’option de scission actuellement à l’étude prévoit la séparation de deux activités en deux sociétés indépendantes : celle des équipements d’infrastructure comme les centrales électriques ou les trains (37,6 % du chiffre d’affaires actuel) et celle des semi-conducteurs et disques durs (23,3 % du chiffre d’affaires). Toshiba se concentrerait ainsi sur les équipements de bâtiment (ascenseurs, éclairage, climatisation…) et d’entreprise (systèmes d’impression, caisses enregistreuses, solutions numériques…) représentant environ 39 % du chiffre d’affaires actuel. Si cette option se concrétisait, elle serait une première au Japon.
La scission d’entreprise est un procédé à la mode aux Etats-Unis ces cinq dernières années. Elle a été mise en œuvre notamment par HP, Xerox et IBM. Elle est vue par les investisseurs comme un moyen de mieux valoriser l’entreprise en Bourse puisque la valeur des sociétés issues de la scission est censée être supérieure celle de l’entreprise unifiée.
Perte de 54 % du chiffre d'affaires depuis 2013
Depuis l’éclatement du scandale financier en mai 2015 (falsification des comptes pour minimiser les pertes dans des activités volatiles comme la télévision, les PC ou les composants électroniques), Toshiba peine toujours à remonter la pente et retrouver la sérénité. Pour assurer sa survie, le groupe a été contraint d’arrêter ou de vendre de nombreuses activités, dont l’éclairage grand public, le médical, l’électroménager, la télévision, les PC, les capteurs d’image Cmos, les mémoires flash NAND, le comptage et le nucléaire aux Etats-Unis. Une contraction qui se traduit par la perte de 54 % du chiffre d’affaires par rapport au pic atteint lors de l’exercice fiscal clos en mars 2013.
A cela s’ajoutent des problèmes de gouvernance, de défiance des investisseurs vis-à-vis du management et de pression de fonds activistes étrangers (notamment américains) qui réclament une transformation radicale de l’entreprise. Les options stratégiques actuellement à l’étude visent à répondre à leur demande.








