archer10 - Flickr - C.C. Crédits : archer10 - Flickr - C.C.
En Asie du Sud-Est, deux pays se disputent le médiocre et le mauvais. La Malaisie, où un scandale de corruption hors norme n’entame en rien la morgue du Premier ministre Najib Razak (700 millions de dollars ont atterri sur ses comptes !). Et la Thaïlande, dont l’avenir reste embrouillé depuis le coup d’État de mai 2014.
Ce putsch sans violence avait mis fin à des mois de troubles opposant les "jaunes", couleur des élites urbaines ultraroyalistes, et les " rouges", issus des campagnes du nord. La junte promettait de favoriser le retour à la concorde nationale, de remettre le pays sur pied et même de relancer la démocratie avec une nouvelle constitution, la dix-neuvième depuis 1932.
En écartant au passage la famille Shinawatra, dont sont issus deux anciens Premiers ministres, héros des rouges, mais pas vraiment blancs-bleus : Thaksin, en exil, et sa sœur Yingluck, destituée lors du putsch.

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Dix-huit mois plus tard, l’homme fort du pays le général Prayuth Chan-ocha montre chaque jour qu’il a endossé un costume trop grand pour lui. Sur le terrain politique, il veut jouer le bon père de famille pétri de sagesse bouddhiste et promet de rendre le pouvoir aux civils dès que possible. À la télé, il multiplie les appels lénifiants à l’unité, mais menace d’un "ajustement d’attitude" – autrement dit, la prison – ceux qui, par médias et ONG interposés, le critiquent.
une réprise faiblarde
Ces derniers jours, "Prayuth" était aux États-Unis pour l’assemblée des Nations unies, où il a plaidé sa bonne foi. Mais au pays, en dépit d’un calme apparent, rien ne se déroule comme prévu. Le 6 septembre, la commission de sages chargée de valider la constitution, pourtant mise en place par la junte, a refusé ce texte qui autorisait notamment l’armée à prendre le pouvoir. Le processus repart de zéro, et l’espoir de voir des législatives se tenir avant 2017 s’étiole. La gestion pitoyable de l’attentat de Bangkok du 17 août avait déjà apporté la confusion.
Et le terrain économique ? En apparence, l’ex-Siam, ce petit paradis pour investisseurs longtemps abonné à plus de 5 % de croissance, fonctionne. Le secteur privé et l’industrie, une des plus développées de la région, s’activent. Les touristes (25 millions en 2014) affluent. Mais en fait, la Thaïlande patine quand ses voisins affichent une expansion presque double de la sienne. Après 0,7 % de croissance en 2014, chiffre lié à la crise politique, la reprise est faiblarde, tout comme le baht. La Banque asiatique de développement a revu à la baisse sa prévision pour 2015 : 2,7 % au lieu de 3,6 %. Depuis les inondations de 2011 et les crises qui ont suivi, la Thaïlande n’arrive pas à se remettre sur pied. Toute-puissante, la junte n’y réussit pas plus que les autres. Le pouvoir a lancé, début septembre, un énième plan de relance et de soutien aux PME. Sans convaincre.
Pierre-Olivier Rouaud




