«Quand nous nous sommes lancés, nous avions pour objectif d’être le matériau des JO», se rappelle Marius Hamelot, co-fondateur de Le Pavé. Aujourd’hui, l’entreprise produit les 11 000 sièges repliables de l’Adidas Arena de la porte de la Chapelle et de la piscine olympique de Saint-Denis, à l’occasion des JO 2024.
Créée en 2018, l’entreprise produit des panneaux à base de polyéthylène ou de polystyrène recyclés, utilisés comme revêtements de sol ou de mur, entre autres. Ces panneaux peuvent être usinés et thermoformés pour satisfaire d’autres applications, mais sont toujours destinés à l’architecture d’intérieur.
Une usine ouverte grâce aux JO
Pour atteindre une telle production de sièges, SAS Minimum a dû grandir très vite. En 2019, l’entreprise remporte un appel à projets en candidatant avec Bouygues, et doit dès lors accélérer la cadence. «Quand on a commencé, on n’avait pas encore d’usine !», se souvient Marius Hamelot. Comptant aujourd’hui une trentaine de salariés et une croissance annuelle de 200% (le chiffre d’affaires n’est pas communiqué), l’entreprise s’est depuis dotée d’une usine pilote à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), et prépare déjà sa prochaine usine, qui devrait voir le jour en septembre 2023 en Bourgogne.
Pour fabriquer les sièges, l’entreprise s’est associée à Master Industrie, spécialiste de la production de tribunes télescopiques et gradins, a embauché quatre salariés en insertion et s’est mise à travailler en 3x8. «On a dû effectuer les essais sur le moule au moment du début de la production», raconte l’architecte de formation.
Après avoir testé «plusieurs dizaines de prototypes», 60% des sièges ont été produits. 100 tonnes de polyéthylène sont nécessaires pour produire toutes les chaises, et les rassembler n’a pas été une mince affaire. «Nous nous sommes associés à Paprec et au Syctom pour que la poubelle jaune des habitants du 93 fabrique nos sièges», explique Marius Hamelot. Ainsi, 80% des déchets plastiques utilisés proviennent d’Ile-de-France.
La quantité de plastique recyclée par Sas Minimum ne s’arrêtera sûrement pas là. Pour l'entreprise, les JO sont également un label de qualité. «Ça nous apporte des opportunités chaque semaine», confie Marius Hamelot. L’entreprise cherche maintenant à déployer son modèle au niveau national et à l’international, sans toutefois oublier la Seine-Saint-Denis. «J’espère que nos sièges resteront encore des dizaines d’années», s’enthousiasme-t-il.





