Quel avenir pour les fabricants de pièces en caoutchouc pour l'automobile?

Toujours affectés par les conséquences économiques de la crise du Covid, les fabricants de pièces techniques en caoutchouc qui fournissent l'automobile, peinent à sortir la tête de l’eau. Leur syndicat alerte sur les conséquences délétères de la relation avec les constructeurs.

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Le syndicat national du caoutchouc et des polymères s'inquiète de possibles défaillances chez les fournisseurs de l'automobile.

Les dents grincent chez les fabricants de pièces techniques en caoutchouc. Les fournisseurs de la première monte automobile n’en finissent plus de subir les effets de la crise du Covid-19. Une industrie automobile qui peine à redémarrer faute de composants électroniques, des surcoûts de production (matières premières et énergie)... Le contexte pèse lourd sur la santé des entreprises de la transformation.

« Je n’ai jamais connu cette situation », affirme Bruno Muret, directeur économie et communication du SNCP, le syndicat national du caoutchouc et des polymères. « Il y a eu des années difficiles, avec des tensions sur le prix des matières premières qui dégradaient les marges, mais c’était contrebalancé par des volumes. Cette fois, on est perdant sur les deux tableaux », indique le porte-parole, évoquant une situation critique pour une partie des adhérents. « Les risques de ruptures de livraisons, voire de défaillances d’entreprises, sont bien réelles après deux années très difficiles ».

Des constructeurs jugés inflexibles

Si les transformateurs pâtissent d’une conjoncture défavorable, ils subissent aussi de plein fouet la pression de leurs clients. « Les constructeurs ont une exigence de baisses des prix de vente qui s’enchaîne d’une année sur l’autre, crise ou non », explique Bruno Muret, regrettant leur inflexibilité face à la gravité de la situation. « Les négociations pour mettre en place des accords cadre d’indexation des prix de vente des pièces sur les évolutions du prix des matières premières et de l’énergie sont longues et difficiles. De nombreux chefs d’entreprises déplorent la lenteur de ces négociations ouvertes depuis juin 2021 et l’absence de résultat. » La profession redoute un appel d’air en faveur des acteurs asiatiques et des conséquences d’une stratégie d’achat qui créerait, à plus long terme, une dépendance à ces entreprises situées hors de l’Europe.

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Handicapées par une santé financière dégradée, bon nombre d’entreprises craignent de ne pas être en mesure de préparer l’avenir. L’électrification croissante des véhicules est un enjeu pour la profession. Que cela soit pour créer des pièces anti-vibrations sous le capot, des solutions de transfert de fluide ou de gaz… Les fabricants doivent adapter leurs produits aux futurs véhicules. « Les besoins vont exploser », considère Bruno Muret qui voit plus d’entreprises « penser à leur survie qu’à leur R&D ».

Le SNCP regroupe 130 entreprises transformatrices de caoutchouc (rubans adhésifs, pneumatiques, pièces techniques, articles grand public…), fournisseurs (matières premières, équipements), recycleurs et éco-organismes. Elles emploient près de 40 000 salariés et réalisent un chiffre d’affaires de 9 milliards d’euros.

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