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Naval Group recrutera 320 salariés à Cherbourg en 2018

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Exclusif Le site Naval Group de Cherbourg (Manche), qui conçoit et fabrique des sous-marins avec 2 300 salariés, va recruter 320 personnes en 2018 après en avoir recruté 300 en 2017. Une dynamique de recrutement liée aux programmes nationaux et internationaux.

Naval Group recrutera 320 salariés à Cherbourg en 2018 © Naval Group

Naval Group (ex DCNS), qui fabrique conçoit et fabrique à Cherbourg (Manche) des sous-marins avec 2 300 salariés, va recruter 320 personnes en 2018. "La dynamique de recrutement s’affirme en effet. Elle avait commencé en 2017 avec 300 embauches", confirme Ludovic Colin, le directeur de la communication de Naval Group à Cherbourg, précisant que ces recrutements dépassent les départs à la retraite. "Nous allons recruter un tiers d’ingénieurs généralistes ou spécialistes, un tiers de techniciens (d’étude, d’industrialisation, etc.) et un tiers d’ouvriers (soudeurs, formeurs, mécaniciens-monteurs et charpentiers-tôliers…)."

Les délais d’acquisition sont très longs pour ces métiers, notamment pour les formeurs et les soudeurs, souligne-t-on chez Naval Group. "Il faut entre 5 et 7 ans de pratique pour former des formeurs et des soudeurs aguerris. Nous les recrutons maintenant pour la fin de notre programme "Barracuda" en cours et pour qu’ils soient opérationnels pour notre programme de sous-marins lanceurs d’engins (SNLE) de troisième génération en phase de conception." Pour ce programme qui démarre, le groupe recrute également des ingénieurs et des techniciens.

Des navires complexes

Le site situé dans l’enceinte de l’arsenal sur le port militaire de Cherbourg est très mobilisé sur le programme "Barracuda" (70 % de sa charge actuelle) de six sous-marins pour la Marine nationale, dont quatre sont actuellement en construction. Les quatre navires sont à des niveaux d’avancement différents. Le Suffren en cours d’achèvement doit être mis en service 2020. Le Dugay-Trouin est en cours d’assemblage et en phase d’intégration. "Ces sous-marins comptent parmi les œuvres industrielles les plus complexes jamais réalisées par l’homme, souligne Ludovic Colin. Des navires comme ceux-là comportent 150 kilomètres de câbles, 16 kilomètres de tuyaux et 150 000 points de bornage." En ce qui concerne le troisième sous-marin du programme "Barracuda", les équipes travaillent actuellement sur les tronçons de la coque. Le quatrième est au stade le moins avancé avec le formage et soudage des tôles d’acier.

Parallèlement aux programmes nationaux (Barracuda et conception du sous-marin lanceur d’engins de troisième génération), le site de Cherbourg est engagé dans les différents programmes internationaux de sous-marins, tous réalisés en transfert de technologie. Cette activité s’amplifie avec le contrat Australie de 2016, s’ajoutant aux programmes Brésil et Inde.

Cherbourg, centre de gravité de la conception des sous-marins australiens

Naval Group va concevoir les navires et accompagner les transferts de technologie pour un programme de 12 sous-marins destinés à la marine australienne. Les équipes françaises et australiennes ont entamé la phase de conception au sein d’un nouveau bâtiment inauguré en 2017. "Cherbourg est le centre de gravité pour la conception de ces sous-marins qui seront construits à Adelaïde en Australie à partir de 2023. Cela mobilise aujourd’hui une centaine de salariés à Cherbourg", précise la direction de Naval Group. Le groupe naval français, détenu à 65 % par l’Etat et à 35 % par Thalès, est chargé du sous-marin sans son système de combat, ce dernier étant fourni par l’américain Lockheed Martin.

Naval Group-Cherbourg a construit 107 sous-marins depuis 1899, dont 16 à propulsion nucléaire. Il s’est vu confier par la Direction générale de l’armement (DGA, ministère de la Défense) la déconstruction des sous-marins lanceurs d’engins (SNLE) de première génération. Si le contrat de déconstruction est piloté par Naval Group, il va être principalement exécuté par des entreprises sous-traitantes avec une soixantaine de salariés.

Le début de la déconstruction démarre en septembre 2018. Il ne comprend pas la chaufferie nucléaire, celle-ci ayant été préalablement démantelée. Il s’agit de la déconstruction de cinq coques de sous-marins à l’exception du premier d’entre eux, le Redoutable, lancé en 1967. Ce dernier a été installé dans une cale sèche pour être visité par le grand public. C’est l’une des principales attractions de la Cité de la mer, le musée de Cherbourg consacré à l’aventure de l’homme sous la mer.

Claire Garnier

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