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Les réseaux se mobilisent pour promouvoir les femmes dans le numérique... pour quel résultat ?

Par Marion Garreau , ,

Publié le , mis à jour le 01/12/2017 À 20H00

Des réseaux agissent pour sensibiliser aux questions de mixité dans la french tech. Avec quelques effets positifs, mais pas d’évolution majeure. En 2018, la donne pourrait changer.

Les réseaux se mobilisent pour promouvoir les femmes dans le numérique... pour quel résultat ?
Les StartHer awards ont été l’occasion pour dix femmes de la tech européenne de présenter leur start-up.

Sur l’estrade de l’amphi de Station F, le plus grand campus de start-up au monde créé par Xavier Niel à Paris, les femmes de la tech européenne étaient à l’honneur le 19 octobre. Dix d’entre elles, sur 363 candidates, ont pitché devant des investisseurs et un parterre de spectateurs, dont le secrétaire d’État chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi. L’enjeu : remporter l’un des trois prix du concours StartHer awards, dont l’association StartHer (anciennement Girls in tech) organisait la cinquième édition. Y participaient des disrupteuses, comme Anne-Claude Pont, qui propose avec sa start-up Wilov une assurance auto payée à l'usage, et des expertes en technologie, telle la développeuse Élisa Romondia, qui a cofondé Devoleum, une marketplace italienne utilisant la blockchain pour certifier et commercialiser des huiles d’olive produites localement.

Des formations au leadership et aux métiers d’avenir

« Pour construire une tech plus inclusive, il faut normaliser la figure de la femme qui entreprend et qui fait de la tech », estime Pauline Pham, la codirectrice de StartHer. Cette mise en valeur des femmes du secteur est au cœur de toutes les actions menées par l’association. Aux StartHer awards s’ajoutent notamment la StartHer Academy, un programme de sensibilisation aux métiers du numérique mené dans des collèges par des femmes, et des Talks – des conférences informelles – ne donnant la parole qu’à des femmes expertes. « Vous n’entendrez pas chez StartHer de discours vindicatif, prévient Pauline Pham à l’évocation des scandales de la Silicon Valley et de la question du sexisme dans la french tech. Nous avons choisi d’être dans l’empowerment. Des femmes montent leur boîte, ça marche et elles sont heureuses. C’est cela que nous voulons mettre en avant. »

Soutenir et valoriser plutôt que dénoncer. Voilà comment les réseaux agissent aujourd’hui. À l’image de ce que fait Social Builder, qui œuvre pour l’égalité femme-homme dans le numérique. Depuis sa création en 2011, cette start-up sociale a sensibilisé 3 500 jeunes femmes aux métiers du numérique via ses forums, permis à une quarantaine d’entre elles d’être accompagnées dans la création de leur start-up du numérique à travers son programme Étincelles – avec parrainage et formations au leadership – et à 300 d’être formées aux métiers d’avenir tels le data marketing (analyse de données en marketing) et l’administration de bases de données en partenariat avec l’éditeur de logiciels Salesforce.

Des actions à l’impact indéniable. Mais personne ne se satisfait de la situation globale. « Des discriminations sont encore présentes à tous les niveaux. Les femmes entendent des remarques machistes quand elles lèvent des fonds, déplore Caroline Fouquet, du Syntec Numérique. La part des femmes baisse dans le numérique, alors que c’est là que se créent les métiers de demain. Il y a urgence à agir. » Plusieurs réseaux veulent capitaliser sur la médiation autour du sexisme et des discriminations. « La prise de parole est actuellement très forte et très relayée, souligne Laure Pichot, responsable développement chez Social Builder. C’est l’occasion pour nous d’avoir une voix plus forte, d’essayer d’influer davantage sur le secteur politique et économique. »

Vingt-cinq propositions pour un plan d’action

Premier axe : faire des femmes dans le numérique la grande cause nationale 2018. Différentes associations, dont Social Builder, le Syntec Numérique et le Cigref, qui regroupe des grandes entreprises autour des questions du numérique, vont pour cela déposer un dossier de candidature auprès du gouvernement. Si cette candidature est acceptée, elle permettra la diffusion d’une campagne médiatique nationale sur le sujet. Deuxièmement, vingt-cinq associations œuvrant pour la promotion des femmes dans le monde économique travaillent depuis des mois pour rapprocher leurs actions. « Nous voulons trouver un angle d’attaque commun pour être plus audibles, nous unir pour décupler notre force », souligne Claire Saddy, à l’initiative de cette action et fondatrice des ­Premières, ­ex-Les Pionnières, un réseau d’incubateurs dédiés à l’entrepreneuriat féminin qui a déjà accompagné 800 ­start-up et créé cette année une école des ventes pour apprendre aux femmes à mieux se valoriser.

Afin d’occuper le terrain, de « pousser un coup de gueule », selon Caroline Fouquet, les vingt-cinq réseaux vont organiser un événement début 2018 à Paris. « Nous allons faire vingt-cinq propositions innovantes afin d’établir un plan d’action », explique Claire Saddy, qui pense par exemple à une réglementation obligeant les subventions publiques à l’entrepreneuriat, comme celles de Bpifrance, à flécher leurs fonds vers les femmes à hauteur de leur représentation dans la création d’entreprises. Autrement dit, s’il y a 30 % de femmes parmi les entrepreneurs français, il devrait y avoir 30 % des aides allouées à ces femmes entrepreneurs. Autre idée en débat, valoriser les entreprises modèles en termes de mixité en les exonérant d’une taxe. De son côté, ­l’entrepreneur Élisabeth Chaudière innove en développant l’Attrape-sexisme, un « serious game » (jeu vidéo éducatif) permettant de sensibiliser aux comportements sexistes en entreprise. Une façon d’utiliser la tech pour combattre le sexisme dans la french tech. 2018 s’annonce une année charnière dans le combat des femmes pour une meilleure place dans les technologies et l’économie en général. 

 

Les femmes s’emparent de French tech diversité


Il est un endroit de la french tech où les femmes sont majoritaires : la première promotion French tech diversité. Sur les 35 start-up labellisées en novembre, 60 % comptent au moins une femme parmi leurs fondateurs. À comparer aux 12 % de start-up du numérique dirigées par des femmes, selon le dernier rapport de l’Agence du numérique. Le nombre est d’autant plus impressionnant que ce programme ne vise pas les femmes en particulier. Pour participer à ce dispositif, lancé en mars sous la présidence de François Hollande, les candidats devaient répondre à l’un de ces trois critères : être bénéficiaire des minima sociaux (revenu de solidarité active, allocation aux adultes handicapés), être boursier ou l’avoir été l’année précédente, être résident d’un quartier prioritaire de la politique de la ville. Mais le côté inclusif du programme a joué son rôle. « En apposant les mots diversité et french tech, nous levons un premier frein, qui est celui de l’autocensure, fait valoir Louis Schweitzer, le commissaire général à l’investissement. C’est une manière de dire à ceux qui pensent que la tech n’est pas faite pour eux ou qui n’osent pas s’y engager : « Si, la french tech est faite pour vous. » S’il en fallait encore un, l’argument est là : les femmes investissent bien ce secteur quand elles y sont les bienvenues. « Nous étions persuadées qu’un programme inclusif allait davantage attirer les femmes », souligne Salima Maloufi, la responsable diversité au sein de la mission French tech. Les femmes présentes en témoignent. « Nous sommes ici dans un environnement bienveillant », estiment Anicette Massanga et Estelle Burnichon, les fondatrices de la start-up labellisée Guideknows, une plate-forme de voyage qui met en relation, notamment grâce à des algorithmes de correspondance (matching), des visiteurs avec des locaux pour des séjours personnalisés.
 

 

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