Le groupe Bel va mieux rémunérer les producteurs de lait bas-carbone

Le groupe laitier Bel, propriétaire des marques Kiri, Babybel et la Vache qui rit, va octroyer une prime supplémentaire aux producteurs de lait qui optent pour une alimentation 100% européenne pour leur bétail. Cette prime s'inscrit dans le "plan bas carbone" lancé par l'entreprise il y a deux ans. 

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Le groupe Bel va mieux rémunérer les producteurs de lait durable.

"Une alimentation animale relocalisée mieux rémunérée". Ces mots, prononcés par Gilles Pousse, président de l'Association des producteurs Bel de l'Ouest (APBO) sont au coeur du nouvel accord signé par le groupe Bel, propriétaire des marques Kiri, La Vache qui rit et Babybel et par les 780 producteurs de l'association. Ce 7 décembre, l'industriel laitier aux 3,46 milliards d'euros de chiffre d'affaires a, en effet, annoncé la mise en place d'une prime de 5 euros pour 1000 litres aux producteurs fournissant une alimentation 100% européenne à leur bétail. 

Réduire les émissions des exploitations agricoles

"Cet accord incarne la volonté de Bel d'agir pour une alimentation plus durable" s'est félicitée Béatrice de Noray, directrice générale de Bel France. Ce nouvel engagement s'inscrit en effet dans le plan bas carbone lancé par Bel il y a deux ans. Ce dernier prévoit notamment la réduction de 20% des émissions carbone dans les exploitations laitières d'ici à 2030 dans le monde.

A l'heure actuelle, les producteurs français alimentent leur bétail à 85% avec des fourrages locaux, "complétés par des matières premières achetées en France, comme les tourteaux de tournesol et de colza, mais également par des tourteaux importés d'Europe ou d'ailleurs, comme ceux de soja venant d'Inde et du Brésil" précise Yoann Lézé, éleveur à Quelaines-Saint-Gault (Mayenne) et vice-président de l’APBO. L'impact de la mesure, qui sera mise en place au 1er octobre 2022 et concernera les 405 millions de litres produits par l'APBO, n'a pas encore été chiffré.

En parallèle de cette prime, la groupe a indiqué que 70% des exploitations agricoles partenaires avaient déjà engagé un diagnostic bas carbone. Ce chiffre doit passer à 100% d'ici à la fin de l'année 2022. Cet audit a permis à l'APBO de demander la labellisation bas carbone pour 70 producteurs en 2021. "Cette mesure doit permettre d’économiser 400 tonnes de CO2 par établissement en cinq ans" rappelle Yoann Lézé. Une nouvelle salve de labellisation est prévue pour 2022. 

Une rémunération des producteurs en hausse

La prime "alimentation européenne" s'ajoutera au prix de référence de 377 euros les 1000 litres établi par le groupe pour 2022. Ce tarif, en hausse de 2,6% par rapport à 2021 - soit une hausse de 9,5 euros pour 1000 litres - intègre déjà des engagements de pâturage et "sans ogm" exigés par Bel. Résultat, "à partir de 2022, le prix moyen payé aux producteurs, toutes primes confondues, sera de 406 euros les 1000 litres" détaille Yoann Lézé. Une augmentation des revenus bienvenue pour les exploitants agricoles, qui font face à l'augmentation des coûts des intrants, de l'alimentation et des engrais depuis le début de l'année 2021.

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