Les contacts ont été noués, SEB va bientôt adhérer au cluster Mobilité active et durable (MAD). Le groupe d’Écully (Rhône), leader mondial de l’équipement domestique, est devenu le partenaire industriel exclusif d’Angell pour la production de ses fameux smart bikes. Ces vélos à assistance électrique, lancés par Marc Simoncini en 2020, sont assemblés dans l’usine historique de SEB à Is-sur-Tille (Côte-d’Or).
En février 2021, c’est Cyclable qui avait rejoint la filière régionale. L’entreprise située à Lyon compte une cinquantaine de magasins de vélos dans l’Hexagone. Il a été suivi par Altinnova, implanté à Bonson (Loire). Avec ses 25 salariés et 4,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019, la société fondée en 2003 par deux ingénieurs passionnés de vélos propose aux collectivités, aux entreprises et aux copropriétés des équipements et des services à destination des cyclistes (abris, stationnements…).
Au début de l’année, c’était au tour de Groupe SAB (820 salariés, 92,4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019), spécialisé dans la fonderie aluminium, l’usinage et l’assemblage à Montmerle-sur-Saône (Ain), d’intégrer le cluster. Comme l’ensemble de ses membres, l’ETI se mobilise pour relocaliser l’industrie du cycle dans la région.
Faire revivre une grande époque
Le cluster MAD a été lancé en juin 2020 à l’initiative d’Anne-Sophie Caistiker et de Renaud Colin, respectivement fondateurs de Doctibike et d’Addbike, deux sociétés de Villeurbanne (Rhône), l’une spécialiste de la batterie de vélo, l’autre qui transforme les vélos en triporteurs. « Nous voulions fédérer les acteurs d’une industrie historique dans la région à l’image de la Manufacture française d’armes et de cycles de Saint-Étienne et de l’entreprise de cycles Libéria à Grenoble, avant d’intégrer ceux de la mobilité durable », explique Anne-Sophie Caistiker. « Notre objectif est aussi de relocaliser cette industrie. Si l’assemblage est principalement local, les pièces, viennent majoritairement de l’étranger », ajoute Renaud Colin. Le groupement, qui emploie aujourd’hui cinq personnes à temps plein, rassemble 53 adhérents d’une filière qui représente 6 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 650 millions d’euros en Auvergne-Rhône-Alpes en 2019.
Et quitte à relocaliser, Anne-Sophie Caistiker rêve d’un vélo 100 % made in Auvergne-Rhône-Alpes. « L’écosystème existe déjà. Il y a des fabricants comme Eovolt à Genas (Rhône) pour les vélos électriques pliants et Benur et ses handbikes à assistance électrique à Mions (Rhône), des transformateurs de vélo en vélo électrique comme À fond Gaston et des loueurs comme B2eBike à Lyon pour les collectivités et les entreprises, de la maintenance avec Vélogik… et même des ingénieurs-chercheurs avec l’École nationale des travaux publics de l’État. »
Cet environnement a aussi contribué à l’implantation du néerlandais Nowos à Amplepuis (Rhône), où il répare et reconditionne des batteries lithium-ion qui alimentent gyropodes, vélos et trottinettes électriques. Le cluster MAD cherche un site de 3 000 m2 pour accueillir sa première unité d’assemblage et de bornes de montage d’ici à fin 2021.





