Faut-il prolonger la durée de vie de centrales nucléaires ? C'est en tout cas ce qu'a laissé supposer Cédric Lewandowski, directeur exécutif d'EDF en charge du parc nucléaire et thermique, le 19 janvier à l'Assemblée nationale. Cette audition est l'une des nombreuses effectuées par la Commission d'enquête visant à établir les raisons de la perte de souveraineté et d'indépendance énergétique de la France.
Actuellement, «les centrales nucléaires sont conçues pour être exploitées pendant au moins 40 ans», peut-on lire sur le site d'EDF. Mais elles pourraient potentiellement durer plus, selon Cédric Lewandowski. «Aujourd'hui, le grand consensus scientifique, technique et économique est que notre parc est adapté pour aller à 60 ans (...). La question du passage de 60 à 80 ans exige un certain nombre de travaux d'études et donc nous les engageons», a-t-il affirmé.
En décembre 2021, EDF qualifiait la prolongation au-delà des 60 ans de «défi industriel» et RTE, gestionnaire du réseau électrique, considérait que de telles opérations pourraient avoir le même prix qu'un EPR2, soit environ 5500€ par kilowattheure. Mais ce qui permet à Cédric Lewandowski d'affirmer la possibilité de passer à 80 ans, c'est l'exemple américain. «Les 80 ans, ce n'est pas un tabou. Six réacteurs aux Etats-Unis ont obtenu une licence d'exploitation jusqu'à 80 ans et il se trouve que nos technologies sont à peu près similaires», a-t-il assuré. En effet, en 2019, la Nuclear regulatory commission (NRC) a autorisé deux réacteurs en Floride à prolonger leur durée de vie à 80 ans, jusqu'à 2052 et 2053, respectivement.
Avec Reuters (Reportage Benjamin Mallet, rédigé par Jean Terzian)




