Une situation tendue se dessine sur le plateau d’Oyonnax (Ain). Dans les locaux de PRP création, l’épidémie de Covid-19 chamboule les habitudes. Des restrictions ont été prises par les dirigeants pour limiter les interactions entre salariés. « Les réunions sont limitées à cinq personnes et à quinze minutes en respectant l’espacement entre chacun », précise Vincent Joffre, le directeur commercial de l’entreprise. Des mesures valables également lors des pauses au réfectoire ou à la machine à café.
20 % du personnel en dehors des murs
Si la décision de continuer l’activité a été prise par la direction, les personnes à risque – ayant du diabète ou des problèmes cardio-vasculaires ou pulmonaires – ont été renvoyées chez elles. En ajoutant les salariés devant garder leurs enfants et les télétravailleurs, environ 20 % du personnel est absent. Afin de limiter les risques de contamination – bien qu’aucun cas n’ait été identifié – les 160 collaborateurs encore présents sont invités à limiter leurs déplacements au seul trajet entre leur domicile et l’usine.
Des enjeux de trésorerie se font sentir
Face à la situation, pourquoi ne pas tout simplement fermer les portes pour un temps ? « Mettre tout le monde au chômage partiel me semble une solution de facilité où les salariés sont tout de même pénalisés », estime le directeur commercial, qui pointe des pertes de salaires. Néanmoins, le maintien de l’activité engendre des problématiques jusqu'à maintenant inconnues. « Les usines de nos clients sont en train de fermer, indique Vincent Joffre. Nous sommes en négociation pour que des livraisons puissent être réceptionnées et donc facturées. » Car le besoin de trésorerie pour une PME comme PRP création se fait vite sentir. Malgré les reports de charges prévus par le gouvernement, il faudra tout de même verser les salaires. La production actuelle est donc partagée entre la création de stock pour faciliter la reprise d’activité, une fois les mesures de confinement levées, et la participation à l’effort de solidarité.
Des flacons fournis à LVMH
Depuis le début de la crise, PRP création propose des flacons pour conditionner le gel hydroalcoolique, devenu un bien de première nécessité pour les équipes soignantes. L’entreprise a d’ailleurs accompagné le groupe LVMH, qui a décidé de fabriquer du gel hydroalcoolique pour les hôpitaux gratuitement. Elle fait partie des fabricants ayant fourni des emballages à l’usine Dior de Saint-Jean-de-Braye (Loiret). Elle est en mesure de produire trois formats de packaging pour trois applications. Les petits contenants se destinent au répartiteur pharmaceutique pour des articles nomades. Les flacons de 100 et 125 ml équiperont les particuliers tandis que les grands formats (400 et 500 ml) pourront aider les hôpitaux et les collectivités. Pour des soucis d’organisation, les cadences et dates de disponibilité des machines sont indiqués afin d’optimiser au mieux les livraisons.
Pour prendre part à la générosité de l’industrie française, l'entreprise a donné un coup de fouet à sa production. « Nous avons augmenté nos capacités de production pour les porter à 400 000 flacons hebdomadaires alors que nous en produisons habituellement entre 50 000 et 60 000 », a détaillé Joël Viry, le patron de PRP création au Journal des Entreprises. Le plasturgiste a également adopté des prix revus à la baisse. « PRP participe à hauteur de sa santé financière, confie Vincent Joffre. Nous facturons donc au prix de revient afin de couvrir nos coûts de transformation. C’est un équilibre entre la solidarité collective, mais aussi préventive pour nos collaborateurs. »





