[En images] Automatisation et avions connectés, l'aéroport du futur dévoilé par SITA

Le 27 et 28 septembre, SITA a présenté ses solutions pour l'aéroport du futur. Fournisseur de services pour l'industrie aéronautique, la coopérative conçoit un aéroport automatisé au maximum. Pour accompagner l'avion connecté, "qui devient un peu plus comme une Tesla..." et pose de nouveaux défis aux constructeurs.

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[En images] Automatisation et avions connectés, l'aéroport du futur dévoilé par SITA
A Budapest, SITA a présenté ses solutions pour l'aéroport du futur.

C’est un calvaire bien connu des passagers aériens : passer tous les points de contrôle d’un aéroport en jonglant avec son bagage à main, sa carte d’embarquement et son passeport. Un parcours du combattant chronophage pour le voyageur et coûteux pour les compagnies aériennes.Mais un chantier d’innovation pour la coopérative SITA (Société Internationale de Télécommunications Aéronautiques).

Basé à Genève, ce fournisseur de services pour l’industrie aéronautique a fait du voyage “sans couture” son mot d’ordre. Les 27 et 28 septembre, à l’occasion d’une présentation aux professionnels du secteur dans le cadre de son événement annuel "SITA Euro IT Summit", L’Usine Nouvelle a découvert les innovations de cet acteur méconnu mais omniprésent dans l’aéroportuaire.

Aujourd’hui, la coopérative compte 400 membres issus de l’industrie aéronautique (compagnies aériennes, aéroports, constructeurs…) et dit couvrir 95% des destinations dans le monde. En 2017, elle a engrangé 1,6 milliard de dollars de chiffre d’affaires, dont 7% sont dédiés à la R&D. En 2016 et 2017, l'organisation a déposé quelque 80 brevets.

Intelligence artificielle, blockchain, robotique… Les pistes d’innovation sont nombreuses pour SITA. Mais dans les terminaux, la quête de l’automatisation pourrait faire partie des changements les plus frappants.

Identifiant biométrique, le nouveau référent dans l’aéroport

SITA a développé une série de systèmes pour accélérer et gérer le parcours du passager à l’aide des machines. Dans une pièce, sont simulés tous les contrôles de l’aéroport sur plusieurs appareils : obtention de la carte d’embarquement, étiquetage du bagage, embarquement.

La première étape est un point de contrôle biométrique. Pour se créer un “jeton d’entrée” dans la base de données SITA, il suffit de scanner son passeport, sa carte d’embarquement et de prendre un selfie grâce à la caméra intégrée. Le logiciel de SITA compare le selfie et la photographie du passeport pour confirmer l’identité du voyageur. (voir vidéo ci-dessous).

“C’est ce jeton sur la base de votre visage qui va devenir le nouveau référent quand vous allez passer tous les différents points d'accès de l’aéroport”, explique Benoît Verbaere, responsable architecte pour la région Europe chez SITA. “Cela permet de ne plus ressortir sa carte d’embarquement et son passeport.” Par la suite, il suffira en effet d’une reconnaissance de la caméra pour enregistrer un bagage ou embarquer dans l’avion.

SITA croit beaucoup au développement de l’identification biométrique. Dans une étude publiée le 27 septembre, la coopérative estime que 41% des aéroports ont déjà déployé des systèmes de vérification d’identité avec des machines en libre service. Fin 2021, ce seront 74% des aéroports, selon elle.

“L’agent de douane reste indispensable”

Une étape brille par son absence dans cette simulation de parcours : la fouille des bagages. Une étape difficile à automatiser et qui soulève la question de l’emploi dans l’aéroport du futur. “L’agent de douane reste indispensable pour remarquer les choses que l’on a vraiment besoin de voir par suspicion, par comportement… Nous avons la même question sur les agents de bagage. Nous sommes plutôt dans la revalorisation pour aller faire du service client et éviter de faire de la routine”, détaille Benoît Verbaere.

SITA ne propose pas de système de sécurité mais Benoît Verbaere mentionne l’existence de technologies dans le domaine. Notamment la lecture infra-rouge pour contrôler les bagages.

SITA inspiré par les véhicules autonomes

Un autre appareil attire notre attention : Kate, un “kiosque autonome” destiné à se déplacer dans les terminaux pour permettre aux passagers de s’enregistrer ou étiqueter des bagages. La machine a été conçue en partenariat avec l’entreprise suisse BlueBotics pour la partie physique et véhicule autonome. Relié au système de contrôle des départs, Kate peut se diriger indépendamment vers les parties de l’aéroport où les queues seront plus probables.

Nous nous interrogeons toutefois sur l’intérêt d’une telle machine quand l’enregistrement en ligne ou sur application mobile paraît plus fluide. “Le nombre de passagers sur les applications mobiles croît mais il y a encore des populations qui ne les utilisent pas”, justifie Gustavo Pina, directeur de SITA Lab, la branche innovation de la coopérative. “Même si le passager s’enregistre en ligne, il doit encore passer par des contrôles manuels. Il doit notamment scanner son passeport physiquement et les kiosques permettent d’automatiser cela.”

“L’avion devient un peu comme une Tesla”

L’innovation a aussi sa place sur le tarmac et dans les avions. Selon l’étude de SITA, 31% des compagnies aériennes utilisent l’internet des objets pour contrôler les moteurs et le carburant. 25% l’utilisent pour surveiller les équipements aéroportuaires.

“Aujourd’hui, nous nous diversifions dans la gestion des données opérationnelles pour l’avion”, explique David Lavorel, directeur général de SITA On Air, filiale dédiée à la connectivité à bord et aux communications entre le sol et le cockpit. “L’avion devient un peu plus comme une Tesla, qui a de plus en plus de systèmes qui produisent des données. Les constructeurs aéronautiques ont besoin d’elles pour optimiser leurs services et leurs plateformes”, explique-t-il.

Or, la gestion de ces données est devenu un sujet de débats entre constructeurs aéronautiques et compagnies aériennes. “Il y a une tension entre les compagnies et les constructeurs pour le partage des données, avec des inquiétudes sur la monétisation des données à leurs dépens et le degré d’anonymisation de certaines données pour la protection des conventions avec les pilotes. Nous, nous développons un produit qui a vocation à être une plateforme neutre d’intermédiation et de partage des données”, conclut le directeur général.

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