Maladie d’Alzheimer : AbbVie débourse 1,4 Mrd $ pour acquérir Aliada Therapeutics
Le laboratoire américain AbbVie a annoncé s’emparer d’Aliada Therapeutics et de son candidat-médicament phare, positionné contre la maladie d’Alzheimer. Preuve de la difficulté à apporter de nouveaux traitements contre cette pathologie, AbbVie va dépenser 1,4 milliard de dollars (1,3 Mrd €), entièrement en liquidités, pour cette opération et ce traitement expérimental, seulement en phase I d’essai clinique.
Appelé Alia-1758, cet anticorps monoclonal est décrit par AbbVie comme un potentiel médicament « best in class, capable de modifier l’évolution de la maladie. » Le traitement a la particularité de pouvoir franchir la barrière hémato-encéphalique, une frontière biologique qui sépare la circulation sanguine générale de celle du cerveau et constitue un des freins principaux pour le développement de traitements de la maladie d’Alzheimer.
« La technologie développée par Aliada de franchissement de cette barrière renforce nos capacités de R&D pour accélérer le développement d’une nouvelle génération de traitements en neurologie », veut ainsi croire Roopal Thakkar, directeur scientifique d’AbbVie. Une fois dans le cerveau, l’anticorps va cibler les plaques amyloïdes, responsables de la progression de la maladie neurodégénérative. AbbVie étoffe ainsi son pipeline de neurologie, une des aires stratégiques du groupe. Sur la maladie d’Alzheimer, le laboratoire américain dispose déjà de trois produits actuellement en phase II, deux produits en propre et un anticorps qui cible le récepteur TREM2, en partenariat avec Alector.
GSK investit 800 millions de dollars pour la fabrication de vaccins aux États-Unis
GSK va réaliser son plus gros investissement industriel aux États-Unis pour étendre son site de Marietta, en Pennsylvanie, dédié à la production de ses vaccins. Le laboratoire britannique a prévu de consacrer une enveloppe de 800 millions de dollars pour doubler la taille et les capacités du site, qui fournit actuellement plus de 100 millions de doses par an au marché américain.

Les nouvelles installations permettront la fabrication de vaccins liquides stériles, et abriteront une usine pilote de R&D pour la production de médicaments destinés aux essais cliniques. Elles devraient également exploiter l’intelligence artificielle pour augmenter leur productivité. L’usine de Marietta sera désormais équipée d’un système intelligent de surveillance et de contrôle des services électriques, de jumeaux numériques pour l'optimisation continue des process, de robots pour la manutention des matériaux, ainsi que d’un système de maintenance prédictive. « La construction des nouvelles installations devrait débuter d'ici à la fin de l'année » précise GSK, qui espère une mise en service pour fin 2027. L’extension du site de Marietta pourrait engendrer la création de 200 nouveaux emplois.
Novartis va collaborer avec Monte Rosa pour le développement de glues moléculaires
Pour se faire une place de choix sur le marché des maladies inflammatoires, Novartis mise, à son tour, sur les colles moléculaires. Le géant suisse vient de conclure un accord avec la biotech Monte Rosa, basée à Boston, pour récupérer les droits de développement et de commercialisation de dégradeurs de glue moléculaire (MGD), développés via sa plateforme de découverte QuEEN. Dans le détail, Novartis fera progresser les trois MGD du portefeuille de Monte Rosa ciblant VAV1, une protéine clé, en aval des récepteurs des cellules T et B. Ces MGD pourraient donc jouer un rôle dans le contrôle de nombreuses maladies, dont les cancers.
Parmi ces MGD, Novartis sera chargé de développer le MRT-160, un dégradeur expérimental destiné au traitement des maladies inflammatoires, après l’achèvement de l’étude de phase I par Monte Rosa, dont les données intermédiaires sont attendues pour le premier trimestre 2025. Pour Markus Warmuth, p-dg de Monte Rosa, les MGD pourraient avoir des applications dans « les domaines de l’immunologie et de l’inflammation, du métabolisme et des maladies génétiques », d'où l'intérêt de Novartis.
Selon les termes de l'accord, le laboratoire suisse versera 150 millions de dollars de paiement initial à Monte Rosa, qui sera également éligible à des paiements d'étapes pouvant atteindre 2,1 milliards de dollars, ainsi que des redevances échelonnées sur les ventes nettes des trois MGD, en dehors des États-Unis. Plusieurs autres acteurs pharmaceutiques ont récemment misé sur les colles moléculaires, à l’instar de Roche qui investissait, en septembre 2023, 2 milliards de dollars dans le pipeline de glues moléculaires d’Orionis Biosciences, ou de Novo Nordisk. Celui-ci annonçait,en février dernier, avoir signé un accord à 1,5 milliard de dollars pour exploiter la plateforme de Neomorph, destinée à la découverte de colles moléculaires. La semaine dernière, Evotec étendait, de son côté, sa collaboration avec BMS pour développer un pipeline de produits ciblant les glues moléculaires, au-delà de l’oncologie.





