D’où vient cette délicieuse odeur de fondue chinoise qui vous titille les narines ? Du restaurant d’à côté ou bien, levez la tête, de l’avion qui passe dans le ciel ? A Chengdu, dans la province du Sichuan (Chine), les habitants étaient loin de se douter il y a encore quelques années que leurs restes alimentaires se retrouveraient dans les réservoirs de carburant des avions.
C’est aujourd’hui le cas grâce à la start-up Sichuan Jinshang Environmental Technology, qui collecte l’huile usagée issue des fondues dont cette région, connue pour sa cuisine très épicée, raffole. Sur place, la start-up retire les impuretés de la matière avant de l’exporter pour qu’elle soit transformée en carburant durable d'aviation (SAF).
L'une des plus grandes usines de SAF en Chine
De quoi contribuer à ce que l’industrie de l’aviation, responsable de près de 3% des émissions de CO2 dans le monde, soit moins polluante et respecte ses engagements. Le groupe Air France-KLM s’est par exemple fixé l’objectif d’incorporer 10% de SAF dans ses avions d’ici 2030. Une ambition louable même si ses effets risquent d’être gommés par le triplement du trafic aérien prévu d’ici 2050, qui se traduira par une augmentation de la consommation de carburant.
L’initiative satisfait aussi localement car, comme l’explique Bloomberg, l’entreprise a initialement été créée en 2016 pour éviter que l’huile usagée ne soit récupérée, filtrée, puis revendue au secteur alimentaire, alors que la Chine subissait une crise de la sécurité alimentaire. Elle collectait à cette époque le produit puis l’exportait afin qu'il serve dans l'industrie.
En mai dernier, la société américaine Honeywell a annoncé que Sichuan Jinshang Environmental Technology allait utiliser sa technologie de raffinage Ecofining pour produire 300 000 tonnes de SAF par an dans sa nouvelle usine de Suining (Sichuan). Celle-ci comptera parmi les plus importantes dans le domaine en Chine.









