Les industriels ont tiré les premiers. Au salon aéronautique ILA qui se tient à Berlin jusqu'au 29 avril, Dassault Aviation et Airbus ont annoncé mercredi 25 avril un accord inédit pour travailler ensemble sur le futur système de combat aérien du futur (SCAF). Cet accord vise à développer l'élément cœur de ce système: un avion de combat de nouvelle génération qui remplacera à l'horizon 2040 le Rafale de Dassault Aviation et le Typhoon du consortium Eurofigther.
Au-delà de cet avion de combat, les deux partenaires envisagent de développer ce qu'on appelle dans le jargon militaire "un système de systèmes": Le futur aéronef militaire sera capable de communiquer et d'interagir avec un ensemble de plateformes partenaires pour accomplir sa mission: des drones de surveillance, des avions ravitailleurs comme l'A330 militarisé, des avions de transport comme l'A400M ou bien encore des missiles de croisière... Le tout assuré par une système de connectivité ultra performant et cybersécurisé.
Vision commune des états et des industriels
Cet accord résulte de l'ambition affichée en matière de défense européenne par la France et l'Allemagne lors du Conseil européen de défense et de sécurité qui s'est tenu en juillet 2017. Les Etats se félicitent déjà du rapprochement des industriels, champions nationaux en matière d'aéronautique de combat dans leurs pays respectifs. La partie était loin d'être gagnée: Dassault Avation et Airbus, concurrents directs sur l'aviation de combat, ont su faire prévaloir leurs intérêts à long terme. Les états et les industriels partagent une conviction commune: une telle collaboration renforcera l'autonomie stratégique et industrielle de l'Europe.

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"Nos deux entreprises s’engagent à travailler ensemble de façon pragmatique et efficace. Notre feuille de route commune pour le programme SCAF comprendra des propositions pour le développement de démonstrateurs à partir de 2025", a précisé Eric Trappier PDG de Dassault Aviation, dans le communiqué annonçant ce partenariat.
La compétence industrielle primera
Le pendant militaire de cet accord industriel devrait être signé jeudi 26 avril. Ainsi, au salon aéronautique de Berlin, les chefs d'état-major des armées de l'air des deux pays, accompagnés par leurs ministres de la Défense, vont signer un document engageant. Les armées y confirment leur volonté à faire converger leurs besoins opérationnels pour réduire le risque de sur-spécifications. Toutefois, cette ambition a ses limites. La France exigera une version de l'aéronef de combat qui soit capable d'apponter sur un porte-avions et de porter l'arme nucléaire.
Les deux pays ont tiré les les leçons des difficultés rencontrées par les grands programme de défense européens comme l'A400M qui a multiplié les retards et les surcoûts. Les partenaires vont attendre de consolider le socle du programme avant de l'ouvrir aux autres nations européennes, évitant là encore le risque de sur-spécifications. Les industriels auront les coudées plus franches pour s'organiser.
La compétence industrielle primera sur la règle du retour industriel. Clairement, le modèle de la fusée européenne Ariane n'est pas la tasse de thé des acteurs de la défense. Ainsi le travail ne sera pas réparti en fonction de l'origine du financement, mais en fonction de la capacité à réaliser et à respecter le calendrier de livraison.
Un tournant pour l'Europe de la Défense
Une fois consolidée, cette coopération bilatérale sera ouverte à d'autres pays partenaires. L'Espagne et l'Italie se seraient déjà montrés très intéressés. Le cas du Royaume-Uni est plus incertain du fait des conséquences du Brexit. Toutefois, la France souhaite la poursuite de sa coopération avec son voisin britannique notamment sur le développement de briques technologiques clés de drones de combat ou de surveillance du futur dans les les domaines de la furtivité, de la connectivité, des tuyères...
Alors que l'encre des signatures des accords n'a pas encore séché, des questions restent évidemment toujours en suspens. Les deux pays n'ont pas affiché le nombre d'appareils qu'ils souhaitent produire ni le financement associé à un tel programme. Il n'empêche. La France et l'Allemagne soulignent la portée historique d'un tel accord incluant à la fois la dimension politique, opérationnelle et industrielle autour d'un programme d'armement majeur. Un tournant pour l'Europe de la Défense.





