Pourquoi Dassault Aviation se rêve en pilote de l’avion de combat européen

Succès du Rafale à l’export, réussite du programme de démonstrateur en coopération nEUROn, volonté de la France d’investir dans l’aviation de combat…Dassault Aviation dispose des atouts pour s’imposer dans un futur programme d’avion de combat européen.

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Pourquoi Dassault Aviation se rêve en pilote de l’avion de combat européen
Dassault Aviation a livré 9 Rafale l'an dernier dont 8 à l'Egypte.

Si Dassault Aviation pense déjà à l’après Rafale, il ne néglige pas pour autant le présent. L’immédiateté pour l’avionneur, c’est l’exportation de son avion de combat notamment pour compenser la morosité du marché des jets d’affaires. L’an dernier, l’avionneur a livré 9 Rafale, dont 8 à l’Egypte, et il attend sous peu le premier paiement de la part du Qatar pour une commande de 12 appareils en décembre dernier. "Le premier paiement matérialisera le début du programme", a expliqué Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation. Le dirigeant s’exprimait jeudi 8 mars à l’occasion de la présentation des résultats annuels de son groupe depuis le siège de l’entreprise à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Pour son exercice 2017, l’avionneur enregistre un chiffre d’affaires en augmentation de 33% à 4,8 milliards d’euros et une marge opérationnelle, en progression à 7,2,%.

Au-delà des résultats annuels, l’avionneur anticipe le futur avion de combat européen. Vu les investissements nécessaires pour concevoir un tel appareil, ce programme se fera à travers une coopération européenne et une mise en compétition des industriels. Face au groupe Airbus, au suédois SAAB, au britannique BAE Systems, Dassault Aviation compte bien occuper une place de choix.

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Transformer l'essai en Inde
Son Rafale prouve sa valeur en engrangeant les succès à l’exportation. Après avoir séduit l’Inde, le Qatar et l’Egypte, Dassault Aviation espère d’autres réussites en Belgique, en Suisse, au Canada, en Malaisie. Son PDG accompagnera dès vendredi le président de République Emmanuel Macron en Inde où l’avionneur a déjà vendu 36 appareils. Après y avoir implanté une usine en co-investissant avec l’industriel local Reliance pour satisfaire aux exigences du Make-In-India, Dassault Aviation espère transformer l’essai avec des commandes additionnelles. La version marine du Rafale le positionne idéalement pour répondre aux besoins de l’Indian Navy qui a exprimé le besoin de s’équiper d’une soixantaine d’appareils.

Le groupe tricolore peut aussi se targuer d’un savoir-faire en matière de coopération industrielle à l’échelle européenne. Il est le maître d’oeuvre industriel du programme de démonstrateur de drone de combat nEUROn qui associe six nations européennes (Espagne, France, Grèce, Italie, Suède et Suisse). "Nous étions six pays et six industriels. Pour 400 millions d’euros, on a fait un objet qui vole bien et qui est très furtif (…) dans les temps et dans les budgets. Dassault Aviation a eu le pilotage du programme car nous sommes légitimes à piloter une équipe par nos compétences aéronautiques", a souligné Eric Trappier.

Satisfaits, les pays clients devraient d’ailleurs passer de nouveaux contrats pour des travaux complémentaires sur la furtivité du nEUROn et des campagnes d’essais en vol sur la période 2018-2020. Tous les industriels n’ont pas montré le même savoir-faire en matière de pilotage industriel. Airbus Goup ne dira pas le contraire, fragilisé par le programme d’avion militaire A400M. Sa gestion calamiteuse s’est traduite par des retards de livraisons, des capacités techniques de l’appareil promises mais pas au rendez-vous et un surcoût de 8 milliards d’euros sur un financement initial de 12 milliards d’euros.

La France au centre du jeu
L’industriel tricolore dispose d'un atout majeur par rapport à ses concurrents: le soutien de la France qui a fait de l’aviation de combat l’une de ses priorités pour assurer sa supériorité militaire. Malgré les contraintes budgétaires, le ministère des Armées a toujours financé les évolutions technologiques du Rafale. L’effort est considérable. L’évolution au dernier standard (dit F3) s’est élevée à 1 milliard d’euros afin de rester au top de la technologie dans les domaines de l’armement, de communications sécurisées. Avec le standard suivant déjà en préparation, il développera ses capacités en matière de furtivité et de l’intelligence artificielle...

Mieux encore, la France joue un rôle de locomotive européenne. Elle a engagé des collaborations bilatérales avec le Royaume-Uni sur le drone de combat du futur et avec les Allemands sur l’aviation de combat de futur. De quoi là encore positionner Dassault Aviation au centre du jeu. En comparaison, le Royaume-Uni ne peut en dire autant. En plein Brexit et déjà engagé dans l’achat de F35 américain, le pays s’interroge sur ses investissements dans ce domaine. De quoi pénaliser les industriels de la coopération franco-britannique qui attendent toujours un premier contrat pour un démonstrateur de combat après cinq années à réaliser des études.

Si avec Londres, la coopération patine, ce n’est pas le cas avec Berlin. Français et Allemands devraient produire une feuille de route dès cette année dans le domaine du système de combat aérien du futur combinant avions de combat, drones, capacité de détection, armements de nouvelle génération… "Je suis très enthousiaste à définir un nouveau système de combat aérien, à définir un nouvel avion de combat. Nous en avons les compétences. Notre bureau d'études est très content de se dire qu’il y a un futur avion de combat en parallèle d’améliorer toujours le Rafale", se réjouit Eric Trappier.

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